Comment les Pokémon sont entrés dans le quotidien des Marocains

Comment les Pokémon sont entrés dans le quotidien des Marocains

Si vous êtes un dresseur Pokémon, vous allez vous reconnaître. Si vous n’avez pas encore succombé à Pokémon Go, vous allez comprendre pourquoi le jeu a, malgré tout, envahi votre vie.

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Un Pokémon dans l'entrée des femmes d'un hammam. Crédits : @Jacobzawaq / Twitter

Ils sont partout et vous devez tous les attraper ! Le jeu pour smartphone Pokémon Go fait fureur dans le monde entier. Un mois après sa sortie, l’application a été téléchargée 75 millions de fois dans le monde. Un record absolu. Au Maroc, difficile de donner un chiffre pour établir avec précision le nombre de dresseurs virtuels qui chassent ces petits monstres inventés au Japon il y a 20 ans. Néanmoins, ils se rassemblent par dizaines de milliers sur des pages et groupes Facebook. Le constat est clair : tout le monde en parle. Vous n’y avez peut-être pas encore succombé, mais vous connaissez certainement quelqu’un qui y joue. N’avez-vous pas entendu l’une de ces phrases ces dernières semaines ? « T’as combien de Pokémon ? », « T’as Pikachu ? », « Gare-toi là ! Il y a un Pokémon ! », « Ca te dérange si on fait un détour ? Faut que je passe au Pokéstop… » ou encore « Chéri, je vais promener le chien, j’en profiterai pour attraper des Pokémon ». Même en réalité augmentée, les Pokémon sont bel et bien entrés dans notre vie, notamment au Maroc avec ses particularités.

Le réel flirte avec le virtuel

Ils sont vraiment partout, et ça peut conduire à des situations inédites :

Pour les marques, c’est aussi un moyen de faire de la pub en surfant sur la déferlante Pokémon Go. En substance, « venez chez nous, il y a plein de Pokémon ».

Il est même possible de faire des affaires grâce à ses Pokémon. Cet utilisateur d’Avito.ma propose de vendre son compte avec lequel il a atteint le niveau 18 du jeu. Si vous voulez tricher et vous retrouver immédiatement à ce stade, il vous en coûtera… 1500 dirhams !

pokemon

Il faut bien dire que ces petites bêtes sont attachantes, surtout lorsqu’elles se font des câlins comme ces deux là :

 

pokemon copulation

Et pour les dresseurs qui veulent se faire des câlins entre eux, ou simplement s’échanger des Pokémon comme il sera bientôt possible de le faire selon plusieurs sites spécialisés, la communauté marocaine s’organise. La page Facebook Pokémon Go Casablanca a ainsi organisé le 23 juillet, un « Pokéwalk », auquel 255 personnes avaient prévu de participer et mille se disant « intéressées ».

pokemon pokewalk

Un autre rassemblement est prévu le jeudi 4 août au Morocco Mall de Casablanca. Le but sera de prendre le contrôle, à force de combats de Pokémon, de l’Arène qui s’y trouve. Cadeaux et goodies à la clé.

Dis-moi comment tu joues à Pokémon, je te dirai qui tu es

Et puis il y a ces anecdotes liées à Pokémon Go qui en disent long sur notre personnalité.

Cette habitante de Dar Bouazza qui prépare un panneau « Interdit aux Pokémon » pour le fixer sur son portail. Elle demande à ses convives de ne pas utiliser l’application chez elle. « Lorsque vous attrapez des Pokémon chez moi, vous activez aussi l’appareil photo de votre téléphone. Je n’ai pas envie que l’application puisse avoir des images de mon intérieur », revendique-t-elle.

D’autres font peu de cas de l’endroit où il joue. Force est de constater qu’au Maroc, les Pokéstop sont souvent installés à proximité des mosquées. Dans ces lieux virtuels, on peut faire le plein de Pokéballs, indispensables outils pour attraper des Pokémon. À proximité immédiate de la mosquée Hassan II, à Casablanca, on trouve pas moins de dix Pokéstops. Leurs abords fourmillent de Pokémon. « Oui, il m’arrive d’attraper des Pokémon avant de prier », confie un fidèle.

Il y a encore ce jeune cadre trop affairé pour chasser des Pokémon, mais bien décidé à remplir son Pokédex. « Tiens, voilà dix dirhams. Prends mon téléphone pour faire le tour du quartier. Je t’en donne dix autres si tu me ramènes des Pokémon », marchande-t-il avec le jeune fils de son épicier.

Il y a aussi ce propriétaire d’un appartement dans le centre-ville de Casablanca qui envisage d’augmenter d’une centaine de dirhams le loyer de son locataire, car l’immeuble se trouve à proximité d’un Pokéstop. « Il peut faire le plein de Pokéballs sans bouger de son canapé, ça a une valeur ! », plaisante-t-il à peine.

Enfin, c’est également un moyen qu’ont trouvé les parents pour convaincre leurs enfants de les accompagner pour une promenade dominicale. Se balader, c’est augmenter ses chances de tomber sur un Pokémon, mais également faire des kilomètres pour passer au niveau supérieur et faire évoluer ses Pokémon.

Note à tous les dresseurs :

En prévision d’un futur article sur les bonnes pratiques pour jouer à Pokemon Go au Maroc, envoyez-nous vos astuces à telquel.temoins@gmail.com.

 

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