Mala, transgenre au Maroc : « J'ai appris à porter mon masque d'homme »

Mala, transgenre au Maroc : « J'ai appris à porter mon masque d'homme »

La transgenre marocaine Mala Badi revient, dans le Huffington Post, sur son parcours de queer, devenue militante des droits LGBT au Maroc.

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Mala Badi, née Hamza Badi, a su très jeune qu’elle voulait être une femme. Quand sa mère n’était pas là, elle lui empruntait son maquillage et ses plus belles tenues. L’activiste raconte, dans une tribune publiée dans le Huffington Post américain, le rejet de sa famille lorsque, à 20 ans, elle lui a annoncé sa véritable identité. « Mon frère m’a frappée jusqu’à me casser les dents. Puis il est monté sur la table pour me rouer de coups. Ma mère a commencé à pleurer, je sentais qu’elle savait déjà que j’étais sa fille, et elle essaya de retenir leurs coups. Mais je n’ai jamais pu toucher ses mains à nouveau. Mon père m’a virée de la maison, en me disant qu’il n’y avait pas de place pour des tapettes dans sa famille. »

La casaouie explique qu’elle a rencontré un groupe de gays et transgenres à l’âge de quinze ans. « Je n’avais plus l’impression d’être la seule “déviante”. Je pouvais porter des vêtements de femmes et danser comme Ruby, la séduisante chanteuse égyptienne. » Mais une de ses amies amie lui a également appris l’art du camouflage et de la double vie. « Elle m’a appris comment me protéger des “rouair” (homophobes dans son jargon), comment mettre un préservatif et comment m’enfuir de chez moi quand mon secret serait révélé. Elle m’a appris à trouver des partenaires sexuels et comment séparer ma personnalité en deux, la mienne et l’autre. Je suis devenue plus prudente, portant mon masque d’homme tous les matins pour aller à l’école, dans mon quartier et à la maison. »

C’est avec le mouvement du 20-Février que Mala a commencé à assumer son identité et ses désirs. « Je me suis retrouvée dans la rue, entourée de milliers d’autres jeunes Marocains qui criaient “liberté, justice, dignité, égalité” pour la première fois. J’avais l’impression de naître une seconde fois. Pendant les rassemblements avec d’autres activistes, je me sentais appartenir à une communauté et je ne ressentais plus la peur, parce nous avions hurlé ensemble “Plus de peur à partir d’aujourd’hui” devant les bâtiments du gouvernement et lors de marches avec des centaines de personnes. »

Un témoignage à lire dans son intégralité, en anglais, sur le site du Huffington Post.

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