Ilyas Elomari : «La vente d’Akhir Sâa était prévue depuis longtemps »

Le retrait du tour de table d’Akhir Sâa de l’homme d’affaires fait oublier les faux pas du président de région avec la Fondation Bill Gates. Ilyas El Omari s’en défend.

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Ilyas El Omari dans la conférence de presse du lancement de son groupe médiatique. Crédit : Rachid Tniouni.

Les coïncidences de l’actualité sont parfois intrigantes. D’autant plus lorsqu’elles concernent un homme de médias comme Ilyas Elomari, qui maîtrise les rouages de la communication. Sous le coup d’une polémique autour de l’annonce précipitée d’une subvention de la fondation Bill Gates à la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, l’annonce du retrait du secrétaire général du PAM (Parti authenticité et modernité) et président de la région du Nord de l’actionnariat du groupe de presse Akhir Sâa pourrait passer pour une tentative de faire oublier cette mauvaise passe.

Le site d’information Qushq.com, appartenant au groupe Akhir Saâ, a publié le 7 mai un communiqué expliquant que les « actionnaires avaient accepté la demande de monsieur Ilyas El Omari de se retirer du capital du groupe » en arguant la « protection des intérêts du groupe de presse des enjeux politiques et de l’acharnement de certaines personnes contre le projet ». Deux jours plus tôt, le 5 mai, Ledesk.ma révélait que « la Fondation Bill Gates n’a [vait] signé aucun accord de financement avec Ilyas Elomari », contrairement à ce qu’indiquait le 4 mai un communiqué du PAM, modifié depuis. Un démenti de la fondation qui avait été confirmé par Telquel.ma.

« J’ai vendu mes parts à Karim Bennani »

D’après des journalistes salariés d’Akhir Sâa, le retrait d’Ilyas El Omari était bien bel et bien dans les tuyaux depuis quelques mois, abondant dans la thèse d’une pure coïncidence. D’ailleurs, lorsqu’on lui pose la question du timing pour annoncer ce retrait, Ilyas Elomari fait mine de s’en étonner. « Dites-moi qu’elle est la relation entre la région, le groupe et la fondation Bill Gates? », répond-il malicieusement. Il faut lui rappeler qu’il est à la fois président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, secrétaire général du PAM et propriétaire du groupe de presse pour enfin obtenir un commentaire : « Les gens parlent de la société comme d’une succursale du PAM, mais ça n’a rien à voir. D’ailleurs, le gros de l’investissement a été fait dans l’imprimerie. Je travaille dans l’imprimerie pour gagner de quoi manger ».

Ilyass Elomari assure qu’il s’est désengagé du groupe, et donne le nom du nouvel actionnaire majoritaire: « J’ai vendu mes parts à Karim Bennani, c’était prévu depuis longtemps ».

Karim Bennani, qui était déjà actionnaire minoritaire du groupe, est pour l’heure resté injoignable. Publicitaire de métier, il est PDG de Middle East Communication Networks Morocco.

Le pamiste Fouad Elomary, frère d’Ilyas El Omary et directeur de publication depuis avril reste pour sa part à la tête du journal. « Le conseil d’administration m’a nommé directeur de publication début avril, car ils souhaitaient que nos publications s’adressent à tous les Marocains et ne soient pas l’organe d’un parti. », nous explique-t-il.

Akhir Sâa a démarré la publication de journaux en janvier 2015, mais la structure existait bien avant. « J’ai commencé à travailler avec le groupe en 2012. On a investi dans les emballages plastiques », nous explique Ilyas El Omari. « À l’époque, j’avais décidé de quitter le monde politique, mais je me suis finalement présenté aux régionales, avant de devenir secrétaire général. Je ne peux plus gérer le groupe », conclut-il.

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