“Uniconso-Casablanca” interpelle l’ONCF sur la ponctualité de ses trains

“Uniconso-Casablanca” interpelle l’ONCF sur la ponctualité de ses trains

L'association du protection du consommateur “Uniconso-Casablanca” a envoyé deux lettres à la direction de l'ONCF pour solliciter une rencontre autour des plaintes émises par les usagers sur la régularité de ses trains. Aucune réponse n'a été donnée.

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Crédit : Yassine Toumi

Les trains de l’Office national des chemins de fer entre Kénitra et Casa Port accusent des retards à cause des travaux engagés. C’est en tout cas ce que leur service de communication a répondu à Telquel.ma après que nous les avons contactés, le 19 avril, pour s’interroger sur une série de retards. «Malgré l’ampleur des travaux [qui ont démarré au niveau de la gare de Kénitra, dans le cadre du projet de la ligne à grande vitesse le 2 avril, ndlr] (…), l’ONCF a décidé de maintenir toutes les dessertes ferroviaires de et vers Kénitra pour répondre à la forte demande qui se présente sur cet axe carrefour, en introduisant des changements et allongements des temps de parcours de certains trains transitant par l’axe Casa-Kénitra, et ce durant toute la période des travaux qui s’étale sur quatre mois.»

Pour informer les usagers ? Communiqué de presse, informations sur le site Internet, une affiche dans les gares concernées, des annonces sonores, des newsletters. Les usagers, peu satisfaits de la version officielle, grommellent : retards presque systématiques, absence d’information du client dans le mépris total, insalubrité et insécurité des trains, personnel très peu coopératif, pannes fréquentes et défaillances techniques, vente de billets sans garantie de places assises etc. : Voici certaines “problématiques” évoquées dans la lettre de demande de rencontre adressée à Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF, par l’association de protection du consommateur Uniconso-Casablanca, le 18 mai 2015.

Bientôt une action en justice ?

Sans réponse de l’ONCF, l’association publie une lettre ouverte le 22 juin 2015. «Vous n’avez, malheureusement, pas jugé nécessaire, ni utile, de donner suite à notre requête, ni même de la décliner […]. C’est pourquoi, nous nous voyons contraints de vous interpeller voix (sic) de lettre ouverte et via les mêmes organes que vous avez utilisés », écrit Madih Ouadi, président d’Uniconso-Casablanca. L’ONCF ne donnera pas suite. «Nous considérons ce comportement comme indigne d’une entreprise nationale», regrette-t-il. Interrogé sur ce refus de coopérer, l’ONCF s’est engagée à nous apporter des éléments de réponse dans les jours qui viennent.

«Nous demandons une rencontre avec l’ONCF pour exposer les problèmes et pour les aider à trouver des solutions. Nous préconisons une procédure à l’amiable», nous explique Ouadi Madih. Mais peut-être plus pour longtemps. «Nous n’avons pas d’alternatives et cela en devient insupportable», soupire le directeur d’Uniconso, qui nous confie vouloir passer à la vitesse supérieure. «Nos juristes étudient actuellement le code du transport et les conventions internationales pour pouvoir les attaquer en justice.»  À l’origine de cette mobilisation, le rapprochement entre l’association de protection de consommateur et un usager de l’ONCF depuis 15 ans, Kamal Moudnib.

Mobilisation sur les réseaux sociaux

«Les trains de l’ONCF sont tellement souvent en retard que je me débrouille pour prendre le train plus tôt ou ma voiture quand j’ai des rendez-vous importants», se lamente Moudnib. Son cas n’est pas isolé. Seulement, lui a décidé de passer à l’offensive. En avril 2015, après avoir noté une «vague de ras-le-bol chez les usagers» suite à une série de dysfonctionnements, cet usager, cadre d’un centre d’appel qui fait la navette Mohammedia-Casa Port depuis 15 ans, créé la page « ONCF en retard » sur Facebook avec l’intention de “faire bouger les choses”. Un mois après, 10 000 usagers avaient déjà  “liké” la page.

Crédit : Salima / Facebook

Une cliente de l’ONCF publie sur Facebook sa « collection de billets de retard.

Au fil des publications, le gérant de la page accumule les éléments à charge contre l’Office national des chemins de fer (ONCF). Sont publiées sur le “mur”, des photos de panneaux d’affichage qui accuse des retards de plusieurs dizaines de minutes ou de trains arrêtés en pleine campagne, les passagers patientant autour des rails. Mais aussi des témoignages et des vidéos “chocs”, l’une d’entre elles, non datée, montre des personnes, se présentant comme des usagers de l’ONCF, qui auraient été débarqués en pleine voie. Alors en direction de l’aéroport, ils sont montrés, valise à la main, marchant le long des rails.

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