Panama Papers: Les 5 clés pour comprendre les implications au Maroc

Panama Papers: Les 5 clés pour comprendre les implications au Maroc

Depuis le 3 avril, les révélations Panama Papers mettent en lumière les avoirs discrets de 140 personnalités. Pour le Maroc, les révélations convergent en la personne du roi.

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L’idée du roi s'inspire notamment des recherches de la Banque Mondiale
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Depuis le 3 avril, les révélations Panama Papers mettent en lumière les avoirs discrets de 140 personnalités. Pour le Maroc, les révélations convergent en la personne du roi.

 

1)   Panama Papers, qu’est ce que c’est ?

Panama Papers, c’est le nom d’une série de révélations orchestrée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) relative à l’utilisation de compagnies offshores. Il y a un peu plus d’un an, le journal allemand Süddeutsche Zeitung est entré en contact avec un certain « John Doe », anonyme, qui leur a transmis 11 millions de documents issus du cabinet d’avocat Mossack Fonseca. Cette firme panaméenne domicilie les sociétés offshores. Pour analyser ces 2600 gigaoctets de données remontant à 1977 et ainsi mettre en lumière les discrets avoirs de ces fortunés clients, la rédaction s’est associée à plus d’une centaine de journaux internationaux au sein de l’ICIJ. 400 journalistes ont ainsi planché pour publier le 3 avril, les résultats de leurs enquêtes dans ce labyrinthe de documents censés rester secrets. Les Panama Papers révèlent ainsi que 140 personnalités internationales (politiques, proches du pouvoir, sportifs, réseaux criminels, etc.) ont utilisé des sociétés offshore. Prudence toutefois. Il n’est pas illégal en soi d’avoir recours à des compagnies offshores. Ces fuites ne prouvent pas que les personnes citées aient enfreint la loi ou agit de manière inappropriée, tout au plus que les bénéficiaires ont cherché la discrétion. Le Maroc est concerné par ces révélations.

2)   Une goélette américaine des années 30

Mounir Majidi, en tant que secrétaire particulier du roi, est cité parmi les 140 personnalités internationales concernées par cette affaire. En janvier 2006, la société SMCD Limited, domiciliée dans les Iles Vierges britanniques, lui donne en effet pouvoir pour procéder « à l’achat, la livraison et le transfert du navire Aquarius W », lit-on sur le site de l’ICIJ. « Quatre juristes, deux à Londres et deux à Casablanca, seront chargés d’enregistrer au Maroc le bateau rebaptisé “El Boughaz 1”. Le majestueux trois-mâts de 41,47 m, construit en 1930, mouille souvent au large de la côte méditerranéenne du royaume, où il est devenu une attraction pour les plaisanciers. », écrit le journal Le Monde qui a eu accès aux documents fuités.

D’après les Panama Papers, M. Majidi obtient les pleins pouvoirs pour la gestion de SMCD Limited. Aussi, lorsqu’elle est liquidée en aout 2013, « ses comptes sont transférés au bénéfice d’une autre société offshore des Îles Vierges Britanniques, Langston Group SA, qui a elle-même servi de véhicule à une convention de prêt pour une société de droit luxembourgeois, Logimed Investments SARL. », rapporte encore Le Monde.

3)   Un hôtel particulier à Paris

En 2003, d’après les Panama Papers, c’était une autre société qui était créée et domiciliée par Mossack Fonseca dans le paradis fiscal britannique : EPOS International Corp (d’après Le Monde). Cette société a prêté 42 millions de dollars à Immobiliere Orion S.A, dont Mounir Majidi et Mohcine Benyagoub, membre du cabinet et président de l’Académie Mohammed VI de football étaient respectivement président et administrateur, note Ledesk.ma. Le montant du prêt a permis l’achat et la rénovation d’un luxueux bien immobilier selon les termes d’un contrat rédigé en ces termes et cité par Le Monde : « l’emprunteur ne paiera pas d’intérêts sur le montant du prêt. En contrepartie, le prêteur, l’ayant droit économique du prêteur et ses proches pourront utiliser l’immeuble acquis par l’emprunteur à des fins personnelles et ceci aussi souvent qu’ils en auront besoin ». Pour Ledesk.ma, il s’agit de l’hôtel de Broglie (prononcez « de Breuil ») qui siège à proximité des Invalides. Une magnifique demeure de « deux cents pièces agrémentées de quatre-cents hectares de parc » en plein cœur du 7e arrondissement de Paris. Mais selon nos sources qui ont eu accès aux documents des Panama Papers, il pourrait s’agirait d’une autre demeure.

4)   Alliances Développement Immobilier dans le lot

Le 9 mars dernier, Ledesk.ma, capture d’écran du site du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) à l’appui, révélait que SMCD Limited était actionnaire (à hauteur de 1,4 % du capital) de la société de Mohamed Alami Nafakkh Lazraq — ancien cadre de l’ONA –, Alliances Développement Immobilier (ADI). L’Économiste ajoutait que SMCD Limited avait cédé ses parts d’Alliances en 2011. ADI a par ailleurs annoncé un plan de redressement alors que son chiffre d’affaires a fondu entre 2013 et 2014 et que ses résultats 2015 ne sont toujours pas connus, contrairement aux délais réglementaires.

5)   Mohammed VI, « prêteur, emprunteur et bénéficiaire du montage »

Ce faisceau d’indices permet au Monde de conclure que Mohammed VI « a acheté un bateau et a investi dans une société cotée à la Bourse de Casablanca par le biais de (…) SMCD Limited. Une autre société lui a permis l’achat et la rénovation d’un hôtel particulier à Paris ». S’agissant du navire, pour Ledesk.ma, « il est de notoriété publique que [la] goélette appartient au roi Mohammed VI ». Concernant l’hôtel de Broglie, le site officiel de la Maison de Broglie, précise en effet que l’hôtel de la rue de Varenne appartient désormais au Royaume du Maroc, mais ce n’est pas nécessairement par ce montage qu’il a été acquis. Pour Le Monde, les termes du contrat semblent signifier que « Mohammed VI est à la fois prêteur, emprunteur et bénéficiaire du montage ».

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