Tax incentive, le premier gros chantier de Sarim Fassi Fihri

Dans une relative discrétion, le CCM a finalisé un important dossier en vue d'attirer les productions étrangères.

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Sarim Fassi Fihri est en passe de conclure son premier gros chantier en tant que directeur du Centre cinématographique marocain (CCM). Le CCM a récemment rendu au ministère de la Communication un texte pour décret, en vue d’instituer une incitation fiscale pour les productions étrangères, conformément à l’article 23 de la Loi de finances 2016. « Cette mesure pourrait donc entrer en application dans les mois à venir » espère le directeur du CCM, qui attend maintenant juste que le décret soit adopté par le gouvernement et qu’un arrêté conjoint des ministères de la Communication et des Finances clôture le tout.

En résumé, le Maroc s’apprête à rembourser, en cash, 20% des dépenses engagées par les productions étrangères lors de tournages dans le royaume. Pour bénéficier de cette « tax incentive », les producteurs étrangers de films et de séries (publicités et documentaires ne sont pas concernés) devront remplir certaines conditions, comme investir au moins dix millions de dirhams, travailler au moins 18 jours au Maroc… Et toutes les dépenses ne sont pas éligibles : la traçabilité est une obligation. « La figuration, du coup, difficilement contrôlable, ne rentre pas dans les critères » éclaire Fassi Fihri. Pour la mise en application de cette nouvelle politique incitative, le CCM a prévu un budget de 100 millions de dirhams.

Cette politique de « tax incentive » n’est pas inconnue des producteurs : de nombreux pays la pratiquent, notamment des concurrents du Maroc, à l’instar de l’Espagne et de l’Afrique du Sud, et certains avec des taux encore plus intéressants. Jusqu’ici, le principal avantage offert par le Maroc aux producteurs étrangers était l’exonération de TVA.

La mise en place d’une telle politique était demandée depuis un certain temps par différents professionnels marocains à leur tête Sarim Fassi Fihri. En 2007, lors des Assises du cinéma, alors qu’il était président de la Chambre des producteurs, l’actuel patron du CCM a défendu cette option lors d’une journée d’étude dédiée.

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