Polémique: les contrats de Khalid Alioua avec l'Etat

Avec son bureau d'études, Khalid Alioua, qui n'a toujours pas été jugé, vient de décrocher un appel d'offres du ministère de la Communication. Le concerné nous assure que la transparence a été respectée.

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Khalid Alioua. Crédit : Rachid Tniouni.

L’ex-PDG du CIH est toujours aux affaires… avec l’Etat. L’ancien ministre sous Youssoufi, mis en détention provisoire un moment pour dilapidation de deniers publics, avant d’être remis en liberté provisoire, n’a toujours pas été jugé aujourd’hui. Il continue donc son activité professionnelle. Son bureau d’étude Alco vient de décrocher un appel d’offres du ministère de la Communication sur le secteur audiovisuel, révèle le quotidien Akhbar Al Yaoum. Et d’ailleurs, Alco travaille régulièrement pour des ministères et des organismes publics. Sur son site, l’entreprise liste ses clients. On y trouve le ministère de l’Education nationale, celui de l’Industrie, celui de l’Économie et des Finances ou encore le ministère de la Solidarité, y compris pour des contrats datant de ces dernières années.

Khalid Alioua a légalement toujours le droit de mener ses affaires. Il n’est soumis à aucune interdiction civile. Mais selon le journaliste présent lors de la signature du contrat, le ministre et son entourage étaient très gênés lorsqu’ils l’ont aperçu à l’événement. Son nom ne serait apparu à aucun endroit au sein de la réponse à l’appel d’offre. Pourtant, L’ancien ministre ne se cache pas d’être le PDG de ce cabinet créé fin 1991, l’information est par exemple publique sur son profil Linkedin.

L’offre la plus compétitive

Interrogé par Akhbar Al Yaoum sur l’affaire, le ministère la communication a rappelé qu’Alco « est une société légale » et que son offre était la moins onéreuse (2,25 millions de dirhams, contre les 3 millions de dirhams maximum estimés dans l’appel d’offres). Interrogé par Telquel.ma, Khalid Alioua estime que la polémique n’a pas lieu d’être. « Alco a été adjudicataire d’un marché avec le ministère de la Communication dans le strict respect du code des marchés publics. Quiconque dit le contraire, et je n’en ai eu connaissance, qu’il apporte les preuves ». Et de conclure : « Je profite de l’occasion pour saluer la transparence et la rigueur qui ont marqué la procédure ».

Khalid Alioua est nommé PDG du CIH en 2004. Il quitte son poste en 2009. Quelques mois plus tard, la Cour des comptes épingle sa mauvaise gestion de la banque publique. Les sages lui reprochent d’avoir profité d’avantages personnels à travers des acquisitions immobilières à des prix inférieurs à leur valeur réelle et d’avoir accordé des faveurs aux membres de sa famille. Il est finalement incarcéré en détention préventive en juin 2012. Neuf mois plus tard, il est autorisé à sortir de prison pour assister aux obsèques de sa mère. Il est quelques jours plus tard placé en liberté provisoire. Il n’a toujours pas été jugé.

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