Inauguration de Noor Ouarzazate: Un report et des questions

Inauguration de Noor Ouarzazate: Un report et des questions

Mohammed VI ne va finalement pas inaugurer ce dimanche la station Noor. Au delà de ce report, c'est à une véritable reconfiguration du secteur énergétique autour de Masen que l'on va assister.

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La nouvelle est tombée samedi 26 décembre dans la soirée : l’inauguration de la centrale Noor 1  qui devait avoir lieu, dimanche 27 décembre en présence du roi Mohammed VI, a été reportée à une date ultérieure sans plus de précision, nous informe l’agence de relation presse en charge de l’invitation des médias. De même, aucune explication n’a été fournie quant aux raisons de ce report.

Cette inauguration devait pourtant être le point d’orgue d’une journée historique pour l’avenir de la politique énergétique nationale. Car Noor 1 est la première étape de l’ensemble Noor qui avec ses trois autres autres stations Noor Ouarzazate 2, Noor Ouarzazate 3 et Noor Ouarzazate 4 constituera la plus grande centrale solaire au monde dotée d’une capacité de 580 Megawatts et qui devrait fournir de l’électricité à un million de foyers marocains.

Le parc solaire de Ouarzazate a été développé dans le cadre de l’ambitieux plan solaire marocain lancé en 2009 dont le but est de produire 2 GW d’énergie solaire, ce qui équivaudra à environ 20% de la capacité de production du Maroc en 2020. La mise en œuvre du Plan Solaire marocain avait alors été confiée à Masen (Moroccan Agency for Solar Energy).

Masen et son patron Mustapha Bakkoury sont d’ailleurs au centre de toutes les attentions.  Samedi 26 décembre, au Cabinet royal de Casablanca une session de travail consacrée au secteur de l’énergie a réuni les plus hauts responsables de ce secteur. Et à voir la liste des participants on comprend que cette réunion a été décisive pour l’avenir du secteur des énergies renouvelables. Selon le communiqué du Cabinet royal , étaient présents le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, les conseillers du roi, Fouad Ali El Himma et Yassir Znagui, le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid, le ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, Abdelkader Aamara, le directeur de l’Office national de l’électricité et de l’eau Potable (ONEE), Ali Fassi Fihri, la directrice de l’Office national des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), Amina Benkhadra, et  bien sur le Président du Directoire de (Masen), Mustapha Bakkoury.

Un nouveau secteur déjà en mutation

En fait c’est à une véritable redistribution des cartes dans le secteur des énergies renouvelables à laquelle nous venons d’assister. Car selon le communiqué, le roi a demandé aux «différents acteurs concernés que le pilotage des énergies renouvelables, notamment solaires, éoliennes et hydroélectriques, soit désormais assuré par MASEN». En clair, Masen récupère toute l’énergie renouvelable du Maroc. Mais pour ce faire, l’agence devra collaborer avec l’ONEE, comme l’indique le communiqué:  «Tout en conservant leur autonomie de gestion respective, l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable (ONEE) et MASEN seront appelés à travailler en symbiose» .

Cette reconfiguration du secteur des énergies renouvelables amène à une série de questions. Que va t-il advenir de L’ADEREE, l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dont le rôle est de contribuer à la mise en oeuvre de la politique du gouvernement en matière,  justement, d’énergies renouvelables et de son directeur Said Mouline? Notons d’ailleurs que ce dernier n’était pas présent lors de la session de travail au Cabinet royal.

Bakkoury, le tout récemment élu président du conseil de la région de Casablanca Settat, secrétaire général du PAM (parti authenticité et modernité) et dorénavant patron d’un Masen aux domaines de compétences considérablement élargies, n’est-il pas en situation de cumul de fonction qui risquerait de l’empêcher de mener efficacement sa mission à la tête de MASEN? Avec en ligne de mire la tenue, dans moins d’un an, de la COP 22 à Marrakech. Une COP 22 qui pourrait bien encore être à l’origine d’autres changement à venir dans le secteur des énergies renouvelables.

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