Mounjib: l'Etat tente d'administrer une cure de refroidissement à la société civile

Série d'interrogatoires sur des formations "StoryMaker"

La BNPJ a, depuis quelques semaines, multiplié les interrogatoires avec plusieurs militants qui donnent des formations sur l’utilisation de l'application StoryMaker.

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La Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a convoqué pour interrogatoire, lundi 14 septembre,  l’historien Maâti Mounjib, président du Centre Ibn Rochd d’études et de communication. Contacté par Telquel.ma, Maâti Mounjib affirme que cette convocation s’est faite sur la base  « d’accusations d’ébranlement de l’allégeance des citoyens à l’Etat et aux institutions».

Les questions posées lors de l’interrogatoire, qui a duré près de quatre heures, concernaient «des formations données par le centre Ibn Rochd, en partenariat avec l’ONG néerlandaise Free Press Unlimited, sur l’utilisation de l’application StoryMaker». La dernière formation du genre assurée par ce centre devait  se tenir en octobre 2014, selon Samad Iach, coordinateur de projet, qui affirme que l’évènement a été interdit par les autorités.  Deux mois plus tard, le Centre Ibn Rochd a été dissous en raison de son «incapacité (…) à tenir ses engagements envers ses partenaires» et «des interdictions dont souffrent les activités du centre», selon un communiqué de l’organisation.

Déstabilisation du citoyen 

D’autres personnes, liées à ces activités de formation avaient été interrogées par la BNPJ. Parmi elles, la journaliste Maria Moukrim, qui avait participé en tant que formatrice et Samad Iach, coordinateur du projet. Ce dernier s’est vu signifier, a la fin du mois d’août, une interdiction de quitter le territoire. Le coordinateur du projet du Centre Ibn Rochd a également été questionné au sujet d’accusations de  déstabilisation de «la loyauté des citoyens envers les institutions constitutionnelles» et de «tentative de semer la discorde».

Hicham Mansouri  était aussi l’un des organisateurs de la formation assurée  par le Centre Ibn Rochd. Avant sa condamnation devant la justice pour « adultère », il avait également affirmé avoir été interrogé pour les mêmes motifs sur ces formations.

Enfin, vendredi 11 septembre, Mohamed Sber, président de l’association marocaine d’éducation de la jeunesse (AMEJ), a annoncé avoir été interdit à Bab Sebta de quitter le territoire national. Son association avait organisé des sessions de formation sur la même application, Story Maker.

L’application StoryMaker permet la réalisation de reportages photo, audio et vidéo à partir d’un Smartphone Android.

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