Equivalence des diplômes: ce que Daoudi exige des établissements privés

Equivalence des diplômes: ce que Daoudi exige des établissements privés

Restaurants, parking, 50% des enseignants titulaires d’un doctorat, un budget pour la recherche scientifique...Voici les conditions imposées aux établissements supérieurs d’enseignement privé pour obtenir  la reconnaissance de l’Etat.

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Lahcen Daoudi, Crédit : DR

Le ministère de l’Enseignement supérieur vient de  donner le feu vert pour le dépôt des dossiers de demande pour la reconnaissance par l’Etat  des établissements d’enseignement supérieur privé.  Une reconnaissance qui leur permettraient également de délivrer des diplômes équivalents à ceux de l’enseignement public.

Lire aussi : L’Etat encadre l’équivalence des diplômes supérieurs privés

Cependant pour obtenir ce précieux sésame d’une durée de cinq ans renouvelable,  les universités  et les écoles privées doivent remplir un certain nombre de conditions. Selon le dossier spécifique publié par le département de Lahcen Daoudi sur son site officiel,  la reconnaissance de l’Etat passe par des critères techniques et des critères pédagogiques.

Pour ce qui est des critères techniques, le ministère exige que les établissements supérieurs privés  soient construits « sur un espace architectural adéquat» qu’ils soient «indépendants et destinés exclusivement et entièrement aux activités de formation et de recherche et aux exigences de la vie estudiantine ».  De même les  superficies et les bâtiments doivent « être adaptés aux filières accréditées ».

Autres critères techniques demandés,  le respect des normes de sécurité et de salubrité. Outre  des rampes d’accès spécifiques aux personnes en situation d’handicap lesdits établissements doivent  disposer d’une buvette ou d’un restaurant, d’un parking pour les voitures, des espaces d’accueil, d’une infirmerie et des espaces culturels.

Un enseignant pour 25 étudiants en gestion, management et commerce 

Aussi,  les institutions d’enseignement supérieur privé doivent disposer de tous les équipements scientifiques et techniques « conformément aux exigences fixées dans le descriptif de chaque filière accréditée ». « L’établissement est tenu de produire un inventaire détaillé de tous les équipements scientifiques et techniques dont il dispose, réparti selon les filières accréditées »,  explique le  ministère de l’Enseignement supérieur.

En matière de critères pédagogiques,  le département de Lahcen Daoudi   exige que  « 60% du volume horaire global annuel des formations » soit  assuré par  un corps enseignant permanent et que la moitié de ce dernier « soit titulaire d’un doctorat au moins ou équivalent ».

En outre, les établissements supérieurs privés qui souhaitent postuler pour l’équivalence des leurs diplômes doivent disposer d’«un effectif d’enseignants lui permettant d’assurer les taux d’encadrement».

Ainsi pour le domaine des sciences de la santé, un enseignant pour 10 étudiants est requis, alors qu’il  faut  un enseignant pour 20 étudiants au maximum dans le domaine des sciences et techniques, les sciences de l’ingénieur, et les sciences de la communication et de l’informatique. Pour ce qui est du domaine de la gestion, management et commerce, le ministère demande un enseignant pour 25 étudiants au maximum.

Un budget affecté à la recherche scientifique

Les critères pédagogiques concernent aussi le volume horaire annuel réservé aux enseignants permanents. Ces derniers doivent être titulaires d’un doctorat ou doctorat d’Etat ou d’un diplôme reconnu équivalent à l’un de ces diplômes. Le cahier de charge exige par exemple « 448 heures pour l’enseignement au maximum à condition de ne pas dépasser 14 heures par semaine ».

Par ailleurs, l’établissement privé doit disposer d’«un nombre suffisant de cadres administratifs» qui permet d’assurer «un taux d’encadrement administratif d’un administratif pour 100 étudiants au maximum».

Le ministère s’est aussi penché sur la recherche scientifique. Outre un plan d’action pour les projets de recherche scientifique sur les cinq prochaines années,  les opérateurs privés doivent aussi prévoir «un budget affecté à la recherche scientifique et des structures de recherche scientifique» en précisant les domaines et les axes de recherche.

Près  de 215 établissements dans le secteur privé

Selon les statistiques universitaires 2012-2013 publiées par le ministère de l’Enseignement supérieur, on dénombre près de 215 établissements supérieurs privés au Maroc. Ce qui  représente près de 38 000 étudiants. Pour l’Economiste dans son édition du jeudi 27 août, ce chiffre ne représente que 5% de l’effectif  total des étudiants contre 95% pour le public.

Lire aussiL’ONU alerte le Maroc sur le poids inquiétant de l’enseignement privé

 

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