Le plus vieux Coran du monde est-il menacé par les bombardements saoudiens au Yémen ?

Le 22 juillet dernier, l’Université de Birmingham revendiquait la découverte du plus vieux texte jamais retrouvé de l’Histoire de l’Islam. La reprise de cette nouvelle par la presse internationale a poussé un chercheur américain à réagir.

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Le plus vieux Coran du monde pourrait en fait être au Yémen, depuis qu’il a été mis en lumière par une équipe allemande il y a une vingtaine d’années. C’est en tout cas ce qu’affirme un chercheur américain sur son blog personnel en anglais. Juan Cole, professeur d’Histoire à l’Université du Michigan, spécialiste de l’Islam assure en effet que des manuscrits datant des années 640 et contenant près de la moitié du livre sacré de l’Islam se trouve à Sanaa, quotidiennement bombardée par les forces saoudiennes. Réagissant à l’annonce par la presse internationale de la découverte d’un manuscrit contemporain du prophète à l’Université de Brimingham, l’Américain se dit « pétrifié à l’idée que les bombes aient pu détruire également ces précieux ouvrages (yéménites, ndlr). »

Le billet de Juan Cole explique qu’entre 1965 et 1972, des centaines de manuscrits ont été mis au jour lors des travaux de réfection de la Grande Mosquée de Sanaa. Mais ce n’est que plus tard qu’on a découvert qu’un de ces manuscrits était un palimpseste, c’est-à-dire qu’il avait été écrit sur le même support qu’un texte plus ancien. Cole fait référence à particulier référence à un manuscrit qui pourrait dater d’avant 650 de notre ère. Il a en effet la particularité de ne pas suivre l’ordre des sourates tel qu’il a été fixé par le calife Othman, qui régna de 644 à 656.

Pour rappel, la datation au carbone 14 des fragments du Coran découverts à l’Université de Birmingham conclut que l’animal dont la peau a servi à la fabrication du parchemin a vécu entre 568 et 645. Le conflit d’ancienneté entre ce Coran en Angleterre et celui au Yémen se joue donc à quelques années près. En revanche, il met enfin en lumière le paradoxe de l’action de l’armée saoudienne au Yémen. Officiellement justifiée par l’impératif de défense des lieux saints, elle met in fine en danger un des trésors de l’Islam.

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