Livremoi.ma, du web au magasin

Retour sur le pari réussi de la librairie virtuelle livremoi.ma, dont le succès a récemment conduit 
à l’ouverture d’une boutique à Casablanca.

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Crédit : Yassine Toumi

En quelques années, le site livremoi.ma s’est imposé comme le pionner de la vente en ligne de livres au Maroc. Le site Internet regroupe aujourd’hui plus d’un million de références et ne cesse d’accroître ses revenus. Après deux levées de fonds, livremoi.ma a réalisé un chiffre d’affaires de 5 millions de dirhams en 2014. C’est que, s’éloignant de son objectif initial, à savoir la vente auprès des particuliers, la petite entreprise a su trouver une clientèle auprès des institutions. Par ailleurs, la librairie en ligne s’est également dotée, en octobre dernier, d’un showroom dans le quartier Gauthier de Casablanca pour être en contact permanent et physique avec ses clients.

Importation rapide

Nous sommes en 2009 lorsque Caroline Dalimier et son mari, Matthieu Malan, deux Français installés au Maroc, s’associent pour lancer l’une des premières librairies en ligne du pays. Au début, l’idée principale est de « proposer une vitrine qui comporte l’ensemble de la production littéraire francophone et de se consacrer aux particuliers », nous explique la co-fondatrice. Rapidement, un nouveau marché auquel ils n’avaient pas pensé s’ouvre à eux : celui des collectivités locales, des entreprises et des écoles qui ont besoin de remplir leurs bibliothèques. Ces nouveaux clients font de plus en plus appel au service du site livremoi.ma, qui a su créer un circuit d’importation rapide et efficace. « Ce qu’on appréciait chez nous, ce n’était pas tant le site que la capacité d’importation rapide », affirme Caroline Dalimier. Car, contrairement à la plupart des autres librairies, livremoi.ma a recours au transport aérien pour importer ses livres, au lieu de la voie maritime, couramment utilisée par les libraires. « Les livres sont acheminés une fois par semaine sur un vol Paris-Casablanca. Pour importer un livre, nous avons besoin de 10 à 15 jours », ajoute Caroline Dalimier. Livremoi.ma met également à la disposition des entreprises, associations et collectivités des documentalistes formés pour les aiguiller.

Crédit : Yassine Toumi
Crédit : Yassine Toumi

Le paiement en ligne, un frein

Malgré son succès, la petite start-up fait cependant face à un problème de taille. « Pour les particuliers, il y a encore des freins : le paiement en ligne, et le fait de payer à l’avance », regrette Caroline Dalimier. La plupart des clients de livremoi.ma préfèrent effectuer un virement bancaire ou envoyer un chèque. « Peu de gens font confiance ou savent comment payer en ligne. On passait et on passe toujours beaucoup de temps au téléphone pour montrer aux gens comment acheter sur le site », confie Caroline Dalimier. Ils sont d’ailleurs nombreux à commander en ligne puis à se rendre au siège de livremoi. ma pour payer sur place. Pourtant, la librairie virtuelle dispose de son propre transporteur pour les livraisons sur l’axe Casa-Rabat.

Face à ces petites difficultés, l’entreprise, qui emploie actuellement onze personnes, n’a pas hésité à se faire accompagner dans sa démarche. À deux reprises, elle a réalisé des levées de fonds. La première fois, en 2011, elle se tourne vers le fonds d’investissement Maroc Numeric Fund, qui a participé au capital de l’entreprise à hauteur de 34%, en plus d’un investissement de deux millions de dirhams. Une levée de fonds très importante pour l’évolution de livremoi.ma. « Elle a servi essentiellement pour des recrutements supplémentaires, à la communication mais aussi au développement de logiciels informatiques », précise Caroline Dalimier. Maroc Numeric Fund et livremoi.ma se rencontrent une nouvelle fois en 2014 et une partie du capital du fonds d’investissement est convertie en compte courant, permettant d’alléger les dettes de la librairie en ligne. Cette année-là, en prime, deux actionnaires individuels rejoignent l’aventure.

Ces avancées ont permis aux libraires du Web d’ouvrir un point de vente physique à Casablanca, en octobre dernier. « Un moyen de rester en perpétuel contact avec le client », estime Caroline Dalimier. Un lieu qui permet également à tous ceux qui le désirent de récupérer leurs colis. Petit à petit, et avec prudence certes, le pari de la librairie virtuelle semble réussir à livremoi.ma. Qui est d’ailleurs imité par d’autres : la librairie Al Mouggar d’Agadir (almouggar.com), Le Kiosque (lekiosque.ma) à Casablanca ou encore Le Carrefour des Livres suivent l’exemple. Un petit Amazon du royaume en somme.

Soufiane Sbiti 

 

 

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