Paris condamne un «cyberjihadiste» marocain à 5 ans de prison

Paris condamne un «cyberjihadiste» marocain à 5 ans de prison

Fahd Jobrani,« cyberjihadiste » qui se répandait en diatribes contre la France et le Maroc, a aussi été condamné le 18 février à l'interdiction définitive du territoire français par un tribunal parisien.

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Fahd Jobrani dessiné lors de son procès, le 19 janvier 2015.
Fahd Jobrani dessiné lors de son procès, le 19 janvier 2015. Crédit: AFP/ BENOIT PEYRUCQ

Fahd Jobrani, 36 ans, était accusé d’association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme.  « Vous avez exprimé une haine de la France qui permet difficilement d’envisager que vous restiez sur le territoire national » français, a jugé le tribunal correctionnel de Paris, qui a toutefois souligné que la « détermination affichée voire revendiquée par le prévenu ne s’était pas concrétisée dans la planification précise d’un attentat ».

Identifié en 2012 lors d’une enquête dans une autre affaire, cet habitant d’une petite commune près de Rouen  s’était vanté sur un forum sur internet de créer une « katiba », une brigade, pour Al-Qaïda au Maroc.  Enturbanné, le « cyberjihadiste » se mettait parfois en scène dans des vidéos diffusées sur YouTube, en se livrant à de longues diatribes contre le roi Mohammed VI et souhaitant l’avènement de groupes terroristes armés dans son pays.

Des « paroles en l’air »?

Des heures durant, il se répandait en diatribes contre la France et l’Occident, écrivant: « On ne restera plus derrière nos claviers ».

Tentant de minimiser la portée des propos qui lui valent d’être poursuivi, il avait assuré devant le tribunal correctionnel de Paris qu’il s’agissait de « délire », de « paroles en l’air », sur fond d’ennui. Son message « la paix sur vous les terroristes, moi je suis l’un des vôtres » ? « Ironique », a-t-il affirmé. Fahd Jobrani a fait valoir qu’il n’est pas passé à l’action et qu’il ne l’aurait jamais fait.

Pour sa défense, il a affirmé qu’il s’insurgeait contre le tourisme sexuel au Maroc, espérait y voir arriver les révolutions arabes, expliqué avoir subi dans son travail des « vannes racistes » et avoir été « traité comme un chien » par la police lors de son interpellation à son arrivée clandestine en France en 2004.

Selon l’avocate de Fahd Jobrani, Me Anne-Sophie Laguens, les faits relèveraient plutôt de l’apologie du terrorisme. Il « se dit salafiste, mais ne sait même pas ce que c’est que le salafisme », avait-elle plaidé, soulignant la « réelle immaturité » de son client, qui ne serait « jamais parti » faire le jihad et « n’avait pas l’influence qu’on lui prête ».

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