Le think tank de l’OCP fustige la réglementation du travail

Une étude de l’OCP Policy Center relève les limites de la stratégie actuelle de croissance, critiquant la législation du travail, qui serait trop contraignante pour les employeurs.

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des travailleurs dans un entrepôt
Crédit : Yassine Toumi.

L’OCP Policy Center, think tank de l’Office chérifien des phosphates, a publié le 24 janvier une étude intitulée « Maroc : stratégie de croissance à l’horizon 2025 dans un environnement international en mutation ». Signé par Pierre-Richard Agénor, professeur de macroéconomie à l’Université de Manchester et Karim El Aynaoui, directeur de l’organisme, le document dresse un état des lieux des mutations de l’environnement international, fait le bilan de la stratégie économique menée au Maroc, énumère ses limites et propose des solutions pour l’améliorer.

Répondant à une logique libérale, l’étude présente la législation du travail comme l’une des principales raisons du chômage persistant. L’OCP Policy Center fustige entre autres la « restriction forte au licenciement » (ne permettant pas aux entreprises de s’adapter à la conjoncture), le fort pouvoir de négociation des syndicats, à l’origine de la « rigidité de la baisse des salaires réels ». Une « rigidité » que l’étude estime comme un handicap pour les entreprises marocaines, compliquant « l’ajustement du marché du travail » et favorisant le « chômage ouvert ».

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Un Smig trop élevé

L’OCP Policy Center pointe aussi du doigt le salaire minimum. Si le think tank reconnaît qu’il a participé à la croissance, il considère qu’il est trop élevé et regrette qu’il soit ajusté de « manière discrétionnaire ». Et de rappeler que ce salaire impacte inévitablement la compétitivité du Maroc, une position partagée par la Confédération générale des entreprises marocaines.

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L’OCP estime aussi que le niveau des charges fiscales et sociales reste élevé au Maroc. Pourtant, si l’on prend l’exemple de la branche maladie, les charges s’élèvent à 5,5 % au Maroc, contre 8,24 % en Tunisie, 12,50 % en Turquie ou encore 14 % en Algérie.

Une main d’œuvre pas assez qualifiée

Autre observation : la qualité de la main d’œuvre jugée « faible » et « insuffisante ». 41 % de la population active totale n’a aucune qualification, comparé à 17 % en Tunisie et 6 % en Jordanie. L’étude évoque d’autres freins à la croissance comme le manque d’adéquation entre le type de compétences produites par le système éducatif et celles demandées par les entreprises, l’environnement des affaires (corruption, inefficience de la bureaucratie, etc.) ou encore le manque de diversification des secteurs productifs.

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