Que retenir de la visite d’Alassane Ouattara?

Que retenir de la visite d’Alassane Ouattara?

La visite du président ivoirien au Maroc a été l’occasion de renforcer les liens économiques et politiques entre les deux pays.  

Par et

Mhammed VI et Allasane Ouattara
Le roi Mohammed VI, le prince Moulay Rachid et le président ivoirien Alassane Ouattara. Crédit : AFP / Palais royal

Alassane Ouattara a achevé sa visite officielle au Maroc le 24 janvier. Le président ivoirien s’est entretenu avec le roi, mais l’événement était surtout de nature commerciale, les deux chefs d’État ayant présidé le forum économique maroco-ivoirien. Les entrepreneurs marocains ont signé des conventions avec le gouvernement de Côte d’Ivoire et leurs pairs ivoiriens. Comme l’a rappelé la présidente de la Confédération générale des entreprises marocaines Miriem Bensalah, organisatrice de l’événement, la Côte d’Ivoire est l’un des principaux partenaires économiques africains du Maroc, un quart des investissements directs à l’étranger marocains de 2013 ont afflué vers la Côte d’Ivoire.

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Les grands groupes se taillent la part du lion…

Parmi les grands gagnants de la visite du chef d’État ivoirien figurent des entreprises marocaines, comme Addoha et les entreprises du magnat Othman Benjelloun, ainsi qu’Attijari Wafabank, appartenant au groupe royal SNI, ainsi que la Banque centrale populaire, détenue par l’État marocain. En effet, près de la moitié des 24 conventions signées par des entreprises marocaines ont impliqué ces grands groupes.

Dans le détail, Othman Benjelloun apparaît comme l’un des grands artisans du financement d’infrastructures. Le PDG du groupe Finance.com a engagé 104 milliards de francs CFA en Côte d’Ivoire (environ 1,7 milliard de dirhams). Ainsi, le propriétaire de la BMCE participera au financement de 3 000 classes scolaires dont le coût est estimé à 54 milliards de francs CFA, et prêtera 50 milliards de francs CFA à l’État ivoirien. L’homme d’affaires a également signé une convention de financement pour la construction de 600 logements sociaux. Addoha, l’entreprise dirigée par Anass Sefrioui, participera également à la construction de logements sociaux suite à la signature d’une convention de partenariat avec la BCP et l’État ivoirien.

Pour Attijariwafa Bank, ce sont essentiellement des mémorandums d’entente ou des accords de partenariat qui ont été signés avec les responsables ivoiriens. Ces derniers sont relatifs à l’accès au marché de la finance islamique, le financement de propriétés pour les fonctionnaires ivoiriens, et le conseil et l’accompagnement de la Société de Gestion des Stocks Pétroliers (Gestoci).

… mais les PME s’installent aussi

Si la plupart de ces contrats sont décrochés par des grands groupes, la Côte d’Ivoire attire aussi de plus en plus les PME, d’après Fadel Agoumi. C’est le cas par exemple d’entreprises agroalimentaires ou de la société informatique GFI Maroc qui a annoncé renforcer son implantation. Comme l’a expliqué sa directrice générale Saloua Karkri, l’installation d’entreprises marocaines en Côte d’Ivoire en incite de nouvelles, spécialisées dans le conseil notamment, à arriver pour leur proposer leurs services.

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Des engagements politiques

La visite du président ivoirien a également été l’occasion pour les deux pays de signer seize accords liant les deux pays. On retiendra notamment la signature d’un accord relatif à la coopération en matière de sécurité entre les deux pays, ainsi que celle d’une convention sur le transfèrement des personnes condamnées, d’une convention sur l’extradition et d’une autre convention d’entraide judiciaire en matière pénale. Tout comme au Mali, le Maroc veut avoir un impact sur le champ religieux comme en témoigne la signature d’un accord portant sur la coopération entre les deux pays dans le domaine des affaires islamiques.

Alors que la lutte contre le terrorisme est devenue d’une importance primordiale, les deux chefs d’État ont, dans un communiqué conjoint, appelé a la mise en place de stratégies globales et intégrés qui incluent les aspects « sécuritaires, la lutte contre les idéologies radicales et le développement durable ».

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