85 associations sont créées chaque jour

Les associations sont de plus en plus nombreuses, surtout depuis le lancement de l’INDH en 2005. La grande majorité ont une vocation très localisée.

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Avec son association, Driss Alaoui se charge, entre autres, de l'animation pour les enfants. Crédit : PC.

Le tissu associatif marocain est très dense. Une étude du ministère de l’Intérieur recense plus de 116 000 associations. Leur nombre ne cesse d’augmenter. En 2013, 85 associations ont été créées chaque jour.

La plupart de ces structures ont un rayonnement local. Seulement 4 % des associations ont une couverture nationale. Il existe en effet de toutes petites associations évoluant à l’échelle d’un village, par exemple. « Il y a beaucoup de très petites associations qui sont créées pour rassembler un même patelin mais ce ne sont pas des coquilles vides, elles ont impact mais très local», nous commente le membre d’une association.

Très peu sont reconnues d’utilité publique

Quand on pense associations, on pense lutte contre la pauvreté, défense des droits de l’Homme, soutien aux handicapés etc. Mais ces structures œuvrent dans des domaines très divers et leur répartition est surprenante. 23 % mènent des œuvres sociales, mais presque autant (21,44 %) travaillent dans l’environnement et le développement durable, 18 % dans le sport et les loisirs et près de 14 % dans l’éducation et l’enseignement, viennent ensuite la défense de secteurs professionnels, l’art et la culture, la religion, la santé. Les associations de défense des droits de l’Homme représentent moins de 1 %.

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Parmi toutes ces structures, seuls 0,15 % sont reconnues d’utilité publique. Difficile de savoir si l’octroi de ce statut est trop stricte ou bien si les associations ne cherchent pas à en profiter mais il est vrai qu’un salarié d’association, travaillant pourtant depuis plusieurs mois dans la structure, n’a pas su nous dire si elle jouissait ou pas de ce statut. Il s’agit peut-être seulement d’un manque d’information.

L’étude nous apprend que les femmes ne représentent que 12% des membres des instances dirigeantes des associations. Un chiffre identique à celui des femmes à la direction des entreprises, en somme.

L’INDH comme rampe de lancement

Le nombre d’associations a explosé en 2005, au moment du lancement de l’Initiative nationale du développement humain (INDH). Or, « un grand nombre de décideurs de ces associations sont issus des collectivités locales et territoriales, ce qui nous amène à se poser des questions sur les critères d’octroi des financements, de la transparence et de la comptabilité », s’interroge Idir Ouguindi, membre de l’Amicale marocaine des handicapés (AMH).

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Ce chiffre prouve quand même que la société civile au Maroc est très active, même si les associations ne sont pas censées remplacer l’Etat pour assurer un service public. Les actions menées sont d’ailleurs « reconnues par les bénéficiaires et les ONG internationales », nous raconte Idir Ouguindi. Selon lui, les décideurs politiques ont eux plus de difficulté à reconnaître le rôle des associations, qui se retrouvent alors trop peu consultées lors de l’élaboration d’une loi ou d’une politique publique par exemple.

Étrangement, alors que 11 899 associations ont été montées en 2013, l’étude ne recense que 5 351 créations pour 2014, sans donner d’explication à cette importante diminution.

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