Le Maroc, leader du continent en matière de climat?

Le Maroc, leader du continent en matière de climat?

A l’occasion de son bilan annuel, la ministre de l’Environnement est revenue sur ce que le Maroc avait obtenu de la conférence sur le climat de Lima.

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Crédit : Yassine Toumi.

Lors d’une conférence de presse organisée le 24 décembre, la ministre de l’Environnement Hakima El Haite est revenue sur le bilan 2014 de son administration et le plan d’action 2015. L’occasion pour la ministre de raconter ce que le Maroc avait « gagné » lors de la dernière conférence sur le climat réalisée à Lima début décembre.

Elle a bien confirmé que le Maroc avait été choisi pour abriter la COP22 en 2016. « Certes c’est un événement qui coûte cher mais qui rapporte encore plus », a assuré Hakima El Haite. Elle a expliqué que cette conférence devrait accueillir 15 000 visiteurs qui resteront en moyenne une dizaine de jours, et a mis en avant l’activité économique qui devrait en découler. Une délégation onusienne devrait venir en janvier pour surveiller les infrastructures et autres nécessités.

Aussi, la ministre a annoncé que le Maroc avait obtenu que les agences marocaines s’occupent du transit de l’argent du Fonds vert vers l’ensemble du continent. Le Maroc serait-il alors devenu le « prof climat » de l’Afrique ?  L’information va dans ce sens. Et à la ministre de rappeler que le pays assiste dans le domaine, entre autres, le Mali, la Sierra Leone et était même en train d’aider le Burundi à élaborer sa politique environnementale.

Alors que le Maroc est en train de se doter d’un centre de compétences climatiques au sein du ministère de l’environnement (financé par le gouvernement allemand), à Lima a été acté que cet organisme sera ouvert à tous les Africains.

La guerre effective aux décharges sauvages commence à peine

Le Maroc est peut être en passe de devenir un modèle pour le continent mais il n’en reste pas moins que le pays a encore beaucoup de défis à relever en matière de climat et d’environnement. La mise à niveau environnementale (un ensemble de problèmes « qu’il faut résoudre une fois pour toute ») n’est pas encore achevée. Par exemple, sur les 240 décharges sauvages du pays, la réhabilitation de seulement quatorze sites a été lancée. Celle de toutes les décharges est prévue pour 2022.

La diminution de la pollution industrielle est aussi un grand défi à relever. Le fonds de dépollution industrielle est doté de 86 millions de dirhams et « à Kenitra, on a offert notre aide aux industriels mais on a eu aucune demande jusqu’à aujourd’hui », s’attriste la ministre de l’Environnement. Elle conclue qu’il faut être davantage coercitif avec les industriels, d’où la création pour bientôt d’un laboratoire chargé de mesurer les émissions gazeuses, et la mise en place de la police de l’environnement, dont le projet de décret a été déposé au Secrétariat général du gouvernement le 23 décembre.

Un loi pour inciter les industriels à moins rejeter dans les eaux usées

« Toutes les villes où il y a des industries ont un problème de rejet des eaux usées », a aussi ajouté la ministre. Cette pollution dégrade le fonctionnement des stations d’épuration, pourtant très chères à construire. Et là également la ministre veut plus de fermeté. Elle explique « Les gestionnaires délégués de l’assainissement instaurent des limites mais les industriels ne les respectent pas donc une loi devra passer au parlement pour les obliger ».

La lutte contre la pollution et la protection de l’environnement est synonyme de création d’emploi. La ministre a largement mis en avant cet aspect. « La mise en place des filières va permettre de créer de nouveaux métiers au Maroc, qui permettront de résoudre en partie le problème du chômage ». Hakima El Haite fait référence à la création de filières de valorisation des déchets par matière (carton, papier, plastique mais aussi électronique ou informatique) qui sont en train d’être mises sur pied. Des conventions ont été signées en 2014 pour les pneus et les batteries, qui devraient maintenant être vendus par système de consigne.

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