Le concubinage, une pratique de plus en plus répandue en Iran

Le concubinage, une pratique de plus en plus répandue en Iran

En Iran la pratique du concubinage est de plus en plus répandue malgré la volonté des autorités de l’arrêter.

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De plus en plus de couples iraniens se tournent vers le "mariage blanc". Crédit: AFP
De plus en plus de couples iraniens se tournent vers le "mariage blanc". Crédit: AFP

Mariage blanc. C’est le nom par lequel est désigné, en Iran, le concubinage. Une pratique qui se répand de plus en plus dans le milieu urbain dans la république, selon un récent reportage de la chaîne de télévision britannique, BBC.

Le phénomène a tellement pris de l’ampleur que  Zanan, un magazine féminin très populaire au pays de l’ayatollah Khamenei, a dédié un numéro entier au sujet. La popularisation de ce phenomene s’explique aussi par le fait que certaines barrières morales ont été brisées : «  Comme dans le reste du monde, la classe moyenne iranienne commence à préférer ce type de vie au mariage traditionnel. Les relations sexuelles avant le mariage ne sont plus tabous » explique  le sociologue iranien Mehrdad Darvishpour.

Divorce couteux

« J’ai décidé de vivre avec mon petit ami parce que je voulais mieux le connaitre. Il est difficile de mieux connaitre une personne en allant seulement au restaurant ou au café » explique Sarah qui habite à Téhéran.  La décision de Sarah peut paraître étonnante lorsque l’on sait que la loi en vigueur en Iran interdit à des membres de sexe opposés de se serrer la main.

Les jeunes iraniens pratiquent également le concubinage pour éviter des divorces qui peuvent devenir très couteux. En effet, le nombre de divorce a connu une augmentation massive, et le taux de divorce a atteint les 20% selon les experts iraniens.

En Iran, lorsqu’un homme souhaite se marier il doit verser une dote, appelée « marieh »,  qui doit être reversée à la mariée au cas où le mariage échoue. De grandes sommes peuvent être impliquées et certains hommes s’endettent pendant des années pour un divorce. Le non-paiement de la « marieh » est un crime qui peut mener à l’emprisonnement.  Les femmes, quant a elles, risquent la perte de la garde de leurs enfants car la loi iranienne favorise les hommes.

Les autorités agissent

Toutefois, l’opposition aux « mariages blancs » s’organise. Elle commence par les propriétaires qui chassent les couples fautifs des logements occupés par ces derniers. D’autres, préfèrent utiliser la pression morale : « Tous les jours ils (les propriétaires, ndlr) me demandaient : « quand est-ce que vous vous marriez ? Quand est-ce que vous allez avoir une bague […] je crois qu’ils me surveillaient  donc je me suis mis a chercher un nouveau logement » raconte Marjan qui a dû déménager à quatre reprises après que les propriétaires des logements dans lesquels elle résidait ont découvert qu’elle n’était pas mariée.

Les autorités ont aussi décidé de combattre la pratique du « mariage blanc ». Dans un communiquee publié  à la fin du mois de novembre, le chef de bureau de l’ayatollah Khamenei, Mohammad Mohammadi Golpayegani a déclaré qu’il ne montrerait « aucune pitié » pour les couples pratiquant le mariage blanc.

Pour le sociologue iranien Mehrdad Darvishpour les mentalités sont vouées à évoluer : «  le gouvernement va tenter d’utiliser la force pour stopper ce phénomène, comme ils ont tenté d’imposer le port du hijab mais les jeunes vont aller de l’avant. La modernité ne peut être arrêtée ».

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