"Conditions inhumaines" dans les couloirs de la mort au Maroc

"Conditions inhumaines" dans les couloirs de la mort au Maroc

Plus d'une centaine de condamnés endurent des "conditions inhumaines et inacceptables" dans les "couloirs de la mort" au Maroc, où un moratoire est appliqué de facto depuis 1993, a affirmé mercredi un responsable de la Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM).

Par et

Les cellules d'une prison
Crédit : Thomas Hawk/ Flickr

Evoquant une récente enquête de terrain, Me Abderrahim Jamaï, coordinateur de la CMCPM, a précisé que ces détenus se trouvaient dans diverses prisons du royaume, à Kenitra, Oujda, Essaouira, Fès ou encore Salé.

Certains « ont déjà passé 15 ans dans leur cellule et cela pose la question de la prescription dans la mesure où l’exécution d’un jugement est lié à un délai d’application de 15 ans« , a enchaîné Me Jamaï, qui s’exprimait à l’approche de la 12e journée mondiale contre la peine de mort, vendredi. « Beaucoup parmi ces condamnés à mort souffrent de troubles mentaux et endurent des conditions psychologiques extrêmement difficiles« , a renchéri la députée et ex-ministre Nouzha Skalli, porte-parole du « Réseau des parlementaires contre la peine de mort ».
Si des peines de mort continuent d’être prononcées, un moratoire est appliqué de facto depuis 21 ans et le royaume est perçu comme l’un des pays arabes susceptibles de franchir le pas de l’abolition.
En juin, Driss el Yazami, le président du conseil national des droits de l’Homme (CNDH), a lui-même exhorté à abolir la peine capitale, une position à laquelle n’adhère toutefois pas le gouvernement emmené par les islamistes du Parti justice et développement (PJD). « Le gouvernement doit tenir compte du fait que nous sommes près de 240 parlementaires (sur quelque 600) à oeuvrer en faveur de l’abolition, majorité et opposition confondues« , a plaidé Mme Skalli, selon qui « cette grande cause humaniste avance inexorablement » dans le monde.
Une proposition de loi, portée par ce Réseau, a été déposée fin 2013 à la Chambre des représentants (députés) et si elle « n’a pas encore été discutée« , « cette question est durablement présente au sein du Parlement« , a-t-elle assuré.
Les opposants à la peine de mort au Maroc se réfèrent notamment à la nouvelle Constitution, adoptée en 2011 durant le « Printemps arabe », qui consacre le « droit à la vie », mais sans prévoir explicitement l’abolition de la peine capitale.

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