Le Britannique gay libéré, le Marocain toujours en prison

Le 7 octobre, le Britannique condamné à quatre mois de prison pour homosexualité a été libéré. Jamal, le Marocain condamné pour les mêmes motifs dans le même dossier, est toujours en prison.

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Ray Cole
Ray Cole, libéré à peine 5 jours après sa condamnation en première instance. Crédit : DR

Le 7 octobre, le Britannique condamné à quatre mois de prison pour homosexualité a été libéré. Jamal, le Marocain condamné pour les mêmes motifs dans le même dossier, est toujours en prison.

« Ce sont des coups de téléphone qui dirigent encore la justice chez nous », s’indigne Ahmed Assid, militant pour les droits de l’Homme. Le 2 octobre dernier, Ray Cole, un touriste britannique de 69 ans et Jamal, un Marocain de 25 ans, ont tout deux été inculpés pour « outrage aux bonnes mœurs, rapports homosexuels et détention d’images à caractère pornographique ».

Depuis, l’affaire a été largement médiatisée, des groupes de soutien au Britannique ont vu le jour sur les réseaux sociaux, notamment autour du hashtag #FreeCole.

Le 7 octobre, après une comparution immédiate en appel, Ray Cole a eu droit à la liberté provisoire et a pu retourner chez lui, à Londres, dans la soirée. Jamal, lui, resté en arrière-plan, n’a pas eu droit au même traitement et purge toujours sa peine de quatre mois de prison à Marrakech.

« Nous jugeons cette arrestation illégale », déplore Omar Arbib, membre du bureau central de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et vice-président de la section de Marrakech de l’AMDH. Et de poursuivre : « Il est intolérable que deux personnes jugées pour le même motif, figurant dans le même dossier, n’aient pas le droit au même traitement ».

Comment un jugement en 1ère instance et un jugement en appel ont pu se succéder en 5 jours, en incluant un week-end et un jour férié.

Des questions se posent alors sur la procédure entamée pour libérer Ray Cole. Si la comparution en appel est tout à fait légale, Omar Arbib se demande « comment un jugement en première instance et un jugement en appel ont pu se succéder en 5 jours, en incluant un week-end et un jour férié ».

Une vitesse pour le moins inhabituelle, souligne le militant de l’AMDH : « Si on traite aujourd’hui les dossiers des détenus avec autant de rapidité, on souhaiterait que cela se généralise pour tous les prisonniers marocains aussi ».

Depuis, un comité de soutien a vu le jour afin de soutenir la libération de Jamal. « Nous sommes en train de lui trouver un avocat, nous avons aussi contacté des organismes internationaux comme Human Rights Watch et Amnesty International qui nous ont promis leur soutien », nous informe Abdelwahed, membre du comité de soutien de Jamal.

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