Le calvaire des chrétiens d'Irak

Ils avaient le choix entre se convertir, partir, ou mourir… Dans la deuxième ville d’Irak, Mossoul, les chrétiens ont été contraints à l’exil.

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Un chrétien d'Orient égrenant son chapelet dans une église.
Crédit : AFP

Les Assyro-chaldéens, membre d’une communauté vieille de plus de 2 000 ans et l’une des plus vieilles branches du christianisme, ont été contraints par l’État islamique (EI) de faire un choix. Se convertir à l’islam, accepter le statut de dhimmi (citoyen non-musulman devant s’acquitter d’une taxe pour bénéficier de sa protection), ou s’exiler. C’est avec ce signe, le ن, qui est apparu sur plusieurs habitations de Mossoul, que l’État islamique a signifié aux chrétiens d’Irak qu’ils n’étaient plus les bienvenus dans le nouveau califat. Ce symbole, le « noun », correspond dans l’alphabet latin au « N », et signifie « Nasarah » (nazaréen), terme employé dans le Coran pour définir les chrétiens.

Pour les membres de l’État islamique, « il n’y aura pour eux rien d’autre que l’épée » s’ils refusent de répondre à l’ultimatum, qui a expiré samedi. Un prêtre basé à Bartella, à 35 kilomètres de Mossoul, raconte au Figaro : « Daech a pris leur argent, leurs voitures et tous leurs effets personnels, avant de leur demander de quitter la ville sur le champ ». Avant de marquer leurs maisons d’un ن, les hommes de l’EI marquaient une phrase entière : « cette maison est la propriété du Daech ».

La fuite des chrétiens

Il y aurait environ 25 000 chrétiens en Irak à l’heure actuelle, même si leur nombre diminue d’heure en heure. Selon des ecclésiastiques chaldéens, « les familles chrétiennes fuient en voiture ou en taxi vers Dohouk et Erbil », deux villes situées dans le Kurdistan irakien, une région autonome. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a qualifié de « crime contre l’humanité » ce qui se passe actuellement en Irak.

La communauté chrétienne du monde entier s’émeut de ces évènements. En France notamment, les chrétiens dénoncent « le silence de l’État et des médias » face aux persécutions dont sont victimes les chrétiens d’Orient, et relaient les informations que les médias traditionnels ne relaient pas forcément.

Le cardinal Barbarin, ecclésiastique français, a lancé un appel à l’aide dans une tribune publiée sur Internet. Dans celle-ci, il explique notamment que « la situation des chrétiens persécutés dans le monde ne provoque souvent chez nos politiques qu’une compassion polie, tardive et peu suivie d’effets ».

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