La protection civile nie toute défaillance à Bourgogne

La protection civile nie toute défaillance à Bourgogne

Muette depuis le jour du drame de Bourgogne le 11 juillet, qui a fait 23 morts et 54 blessés, la protection civile sort de son silence et s’explique sur le déroulé des opérations.

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Les équipes de la protection civile sur les lieux de l'effondrement des immeubles à Casablanca. Crédit: AIC Press
Quelques minutes après le drame de Bourgogne. Crédit : AIC Press

Lundi 21 juillet, le commandement général de la protection civile de Casablanca organisait un point de presse à l’attention des journalistes dans les locaux de l’école de la protection civile. Au programme, exposé de l’action de la protection civile, déroulé des événements, mise au point sur le décès de l’actrice Amal Maarouf, et démonstration de force.

Pour cette opération de communication, la protection civile a reconstitué le fil des événements, tout en vantant l’ampleur des moyens mis en œuvre pour retrouver des survivants sous les décombres.

La protection civile s’explique

La réunion s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités politiques, dont le wali de Casablanca Khalid Safir et le président du Conseil de la ville Mohamed Sajid. Selon le commandant régional de la protection civile du Grand Casablanca Abdelali Gheddoul, ce sont ainsi 1 542 éléments provenant des représentants du pouvoir central, de la police, des forces auxiliaires et de la protection civile qui ont été mobilisés pour l’opération de sauvetage des victimes de l’effondrement de Bourgogne. En ce qui concerne les moyens matériels, ce sont 327 équipements (motos, véhicules, postes de transmission), dont « certains ne sont pas encore utilisés en Europe et dans les pays développés » qui ont été mis en œuvre durant les 3 jours qu’a duré l’opération.

A grands renforts de chiffres, la protection civile tente de répondre à ceux qui critiquent l’insuffisance des moyens mis en œuvre et l’obsolescence de leurs équipements. Abdelali Gheddoul se savait attendu sur la lenteur des secours, vivement critiquée par la presse, et notamment la suspension des recherches qui aurait coïncidé avec la visite royale. Selon A. Gheddoul, la suspension des recherches s’expliquait par l’expertise et le renforcement nécessaires des bâtiments mitoyens avant d’entamer les secours.

Amal Maarouf aurait-elle pu être sauvée ?

Les pompiers ont évoqué aussi la polémique du décès de l’actrice Amal Maarouf, qui serait restée coincée plusieurs heures sous les décombres, sans recevoir d’aide, alors qu’elle serait restée en vie deux journées. Selon la version officielle présentée par la protection civile, l’actrice est morte immédiatement des suites de l’effondrement et non le 13 juillet. Elle n’a pas non plus communiqué par téléphone, contrairement aux déclarations de sa famille. Le chef des pompiers de Casablanca se dit prêt a le prouver, détails des appels passés depuis le numéro de la défunte à l’appui. La confusion provient du fait que le grand-père de celle-ci, ancien membre de la protection civile, a été autorisé a accéder au lieu du drame, et s’est entretenu avec une victime dénommée Ibtissam – qui a effectivement été secourue –, pensant qu’il s’agissait de sa petite-fille.

L’après-drame a aussi été évoqué. Les investigations ont révélé que cinq autres immeubles menaçaient ruine. Les autorités ont donc ordonné l’évacuation de certains immeubles mitoyens et le relogement de 20 familles (74 personnes). Concernant les 27 familles de survivants et proches des victimes de l’effondrement des trois immeubles, elles ont bénéficié d’appartements attribués par tirage au sort par Idmaj Sakan, société participative au capital détenu par l’État, des sociétés privées et les autorités locales, dont le rôle est de lutter contre l’habitat insalubre.

Quand les pompiers roulent des mécaniques

Cette rencontre avec les journalistes est également l’occasion pour la protection civile de présenter son matériel « de pointe » dédié aux situations d’urgence, mais également l’expérience qu’elle a acquise, et notamment la certification qu’elle prépare pour se conformer aux standards de l’ONU, et qui est prévue en octobre en Suisse. Au cours de la visite des locaux, les membres de la protection civile exposent la formation que reçoivent les sapeurs-pompiers en cas d’effondrement, l’utilité et la compétence des brigades cynophiles (brigades de chiens), et la modernité des équipements à leurs dispositions. Cet équipement flambant neuf fièrement exposé dans la cour de l’école de la protection civile est composé d’instruments de mesure laser, de caméras, de dispositifs permettant de déplacer des dalles de béton. Un dispositif présenté comme le nec plus ultra mondial.

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