L'échographie en ligne lutter contre la mortalité liée à l'accouchement

L'échographie en ligne pour lutter contre la mortalité liée à l'accouchement

Pour lutter contre la mortalité liée à l’accouchement, 
deux sociétés américaines ont lancé un projet visant à introduire l’échographie en ligne dans les zones rurales.

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Pour lutter contre la mortalité liée à l’accouchement, 
deux sociétés américaines ont lancé un projet visant à introduire l’échographie en ligne dans les zones rurales.

« Il faut le vivre  pour le comprendre », déclare Abdelkhalek Katof, médecin-chef dans la région de Khemisset, à propos du projet « Echographie portable  ». Médecin généraliste dans le village de Sidi Allal Bahraoui, il a été contacté par le ministère de la Santé à l’automne 2013 pour y participer. Dans le cadre des engagements pris par le Maroc pour améliorer la santé maternelle et infantile, il avait déjà été formé à l’échographie obstétricale. Il s’est donc intégré avec facilité et enthousiasme dans les caravanes d’intervention organisées par les sociétés américaines Trice Imaging et Qualcomm.

La première entreprise a développé une plateforme de communication qui permet de faire circuler par wifi des images prises par échographie. La deuxième est spécialisée dans les solutions de technologie sans fil. Ensemble, elles ont voulu prouver que leur système fonctionne en créant le Mobile Ultrasound Patrol (patrouille mobile d’ultrasons). « Nous avons voulu montrer que la technologie mobile peut améliorer la santé des gens », explique Dagmar Nuber, responsable du projet pour Trice Imaging. Pour en faire au mieux la démonstration, les deux entreprises ont choisi un pays en développement et des zones enclavées, néanmoins suffisamment équipées pour permettre une connexion 3G. Les villages choisis ont été Oulmès, Boulemane et Ribat El Kheir.

Diagnostic à distance

A Oulmès, le docteur Katof a participé aux mini-campagnes de quinze jours pour suivre les femmes enceintes. Toute l’équipe et lui-même ont reçu une formation complémentaire, dispensée par un corps médical et des membres de Trice Imaging, afin de maîtriser cette technologie particulière. « Ce sont des ordinateurs portables reliés à une sonde », décrit le médecin. L’image ainsi captée est transférée sur une plateforme où un médecin de niveau supérieur, dans un hôpital de Casablanca, Fès ou Paris, pourra la voir. Il est ainsi à même de donner un diagnostic à distance et d’aider à la prise de décision. « Sans ce système, pour le moindre problème, on devait transporter les femmes dans les hôpitaux de province. Elles faisaient 100 km de route difficile, parfois pour rien. C’est du gaspillage de temps et d’argent », affirme le docteur Katof. Après trois mois d’essai pour ce projet, les résultats indiquent que le nombre de femmes nécessitant réellement d’être transférées à l’hôpital est minime. « Sur 94 grossesses, seules 8 ont finalement été déclarées trop risquées », selon Dagmar Nuber.

Changer les mentalités

Le travail a aussi consisté à faire venir les femmes dans les centres de santé du village. « Beaucoup accouchent seules chez elles, ce qui est un véritable danger », s’alarme la responsable. Dans les zones qui ont testé le projet, la consultation a fait peu à peu sa place dans les mentalités. « Les femmes ont très bien accepté de surmonter ces problèmes grâce à la technologie », se réjouit Abdelkhalek Katof, qui compte bien aller jusqu’au bout de l’aventure. Les sociétés Qualcomm et Trice Imaging vont dans le même sens. Satisfaites des premiers résultats qu’elles ont présentés le 23 juin, elles comptent bien prolonger l’expérience et l’étendre à d’autres régions. Pour cela, elles sont en discussion avec le ministère de la Santé, qui les a soutenues dès le départ, et notamment le docteur Chrit, délégué de la province de Khemisset, qui apporte son aide précieuse depuis le début. Il est convaincu du bien-fondé du projet, tout comme le docteur Katof, qui confie : « Nous sommes là pour préserver deux vies, celles d’une femme et de son bébé, et je continuerai à y travailler de tout mon cœur ».

Elina Baseilhac

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