Jamal Belahrach : « L’e-éducation est un enjeu de premier plan »

Nous avons posé trois questions à Jamal Belahrach, président de Zakoura-Éducation.

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Pourquoi avoir mis l’accent sur l’e-éducation au Maroc ?

Tout simplement parce que le monde change et que nous devons adapter l’éducation. Dans un monde connecté, où le numérique est partout, il est important que tous y aient accès dès l’école. Il faut instaurer une équité dans la maîtrise des nouvelles technologies. C’est devenu un enjeu éducatif de premier plan. Par ailleurs, l’e-éducation peut être un outil très utile dans le cas marocain, au regard de la ruralité par exemple. Cela permettrait d’aller vers les gens plutôt que d’exiger d’eux qu’ils se déplacent.

Pensez-vous avant tout à l’éducation informelle ?

Avec le numérique, nous pourrions obtenir d’excellents résultats en matière d’alphabétisation et d’éducation informelle si l’on arrive à proposer des contenus ludiques, de qualité. Mais, à Zakoura, c’est de l’ensemble du terrain éducatif dont nous parlons, depuis le préscolaire jusqu’à l’enseignement supérieur. Les Mooc (système de formation en ligne, ndlr) sont devenus un formidable outil de démocratisation du savoir chez les adultes.

Pour vous, une concrétisation rapide de l’e-éducation est-elle réaliste ?

Il ne s’agit pas tant de faire vite que de faire bien. Le secteur de l’éducation est un gros mammouth, parfois lent à changer. C’est pourquoi tous les acteurs doivent être impliqués. Aujourd’hui, nous sommes en 
retard, voire à l’arrêt en la matière. Il y a des choses bénéfiques, comme le portail Massar, mais cela n’est pas du tout suffisant. Nous ne parlons pas de gadgets numériques mais d’un projet global, où éducation numérique et en classe se mélangent. Il faut former les enseignants, mettre les moyens financiers et humains à disposition. Un tel projet nécessite de la créativité, tant sur le plan du hardware que des contenus, et il a des coûts. Mais nous devons nous inspirer d’expériences internationales, où la problématique des coûts a été transcendée. Un tel projet signifie réflexions et réformes, mais à terme, il implique aussi la création d’une véritable industrie. 

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