Liban: première condamnation d'un homme ayant battu sa femme

Un Libanais a été condamné à neuf mois de  prison ferme pour avoir battu sa femme, une première au Liban depuis l'adoption  en avril d'une loi contre les violences conjugales.

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Crédit : AFP

Hussein Ftouni devra en outre verser 20 millions de livres libanaises  (9 700 euros) à son épouse Tamara Harissi, 22 ans, selon le verdict annoncé  mardi 3 juillet.Pour l’ONG Kafa (« Assez » en arabe), qui a mené une campagne en faveur de la  loi, ce verdict représente un changement important, même si la peine infligée  reste faible. »C’est le premier cas où le criminel est condamné depuis l’adoption de la  nouvelle loi« , a déclaré à l’AFP Maya Ammar, coordinatrice de la communication  à Kafa.

Il l’a aspergée d’alcool et a essayé de mettre le feu

Interrogée par l’AFP, Mme Harissi a estimé qu’étant donné « toute la douleur  subie durant un an et demi (la durée de son mariage), même une condamnation à  perpétuité ne serait pas vraiment assez« . Elle avait épousé M. Ftouni malgré l’opposition de sa famille, mais la vie  avec lui, « ce n’était pas vraiment la vie« , a-t-elle raconté. »Chaque semaine, je me faisais battre. Une fois, il m’a traîné par les  cheveux dans la rue, devant tout le monde, juste parce qu’il n’aimait pas la  façon dont j’étais habillée« , a-t-elle expliqué d’une voix douce, dans la  maison de ses parents. La dernière fois que son mari a levé la main sur elle, le 8 juin, il lui a  ligoté les pieds, l’a aspergée d’alcool et a essayé de mettre le feu. Il a  ensuite quitté la maison, en promettant de revenir la tuer, mais elle a réussi  à s’échapper.

Les autorités religieuses opposées à cette loi

Malgré la décision du tribunal, Mme Harissi doit maintenant faire face au  défi d’un divorce via un tribunal religieux, a rappelé Mme Ammar. « Elle a  encore une longue bataille devant elle« . La société libanaise est considérée comme l’une des plus libérales du monde  arabe, mais la législation du pays reste largement conservatrice. La peur du  scandale est également responsable du silence entourant les femmes maltraitées,  selon les militants.Les autorités religieuses étaient en grande majorité opposées à l’adoption  de la loi contre les violences conjugales, faisant valoir que cela relevait de  la vie privée.

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