Portrait. Qui est vraiment Oum Keltoum Boufarès ?

Portrait. Qui est vraiment Oum Keltoum Boufarès?

Oum Keltoum Boufarès, un quart de siècle et des poussières, la crinière châtain cuivré, a créé l’émoi et le buzz juste après l’annonce de son mariage avec Moulay Rachid. Le 8 juin, le roi lui octroyait le titre d'Altesse Royale. Portrait d’une princesse plutôt discrète.

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Le prince Moulay Rachid et son épouse, Oum Keltoum Boufarès.
Le prince Moulay Rachid et son épouse, Oum Keltoum Boufarès. Crédit : MAP

Elle est belle, jeune, bien éduquée, et tout cela n’aurait pas eu autant d’intérêt si la jeune femme n’était pas devenue l’épouse du prince Moulay Rachid. La nouvelle est tombée dimanche 15 juin en fin d’après-midi par voie de communiqué officiel et a fait l’effet d’une bombe dans les médias, faisant de cette jeune fille sans histoire la femme la plus scrutée du royaume. Une moue mystérieuse. Un caftan vert émeraude. Un port de tête princier, évidemment. Et une silhouette frêle mais pas juvénile, encadrée par les deux hommes les plus puissants du Maroc. Le (nouveau) portrait de famille a de quoi en jeter. Pour elle, un début d’empathie, et surtout de curiosité de la part du pays tout entier. En quelques heures, son nom enregistre un nombre record de recherches sur Google. Sans résultats. Et la même et sempiternelle question brûle toutes les lèvres : qui se cache derrière celle qui a su ravir le cœur du célibataire le plus convoité du royaume ?

Du sang royal de père en fille

Inconnue du grand public, Oum Keltoum Boufarès n’est pourtant pas une parfaite anonyme. Fille de Moulay Mamoun Boufarès, fils de Lalla Khadija, sœur du sultan Mohammed V, «La Oum», comme on la surnomme en privé, possède un arbre généalogique auréolé d’ascendance royale. Une chrifa, une vraie. De là à séduire son cousin éloigné de mari ? Et le convaincre, à 44 ans, de sauter – enfin – le pas ? Dans l’entourage, on confirme que sa famille a toujours été très proche du sérail. Si la mère, Latifa, n’a pas de sang royal, elle n’en demeure pas moins une figure incontournable de Dar Al Makhzen. À en croire certains, «le mariage entre l’une de ses filles avec un membre de la famille royale était un rêve de longue date»…  D’ailleurs, selon des proches de la mariée, dont les langues commencent timidement à se délier, ses parents l’auraient toujours traitée « comme une petite princesse, et ce depuis sa plus tendre enfance ». Epouser une altesse royale serait un rêve qu’Oum Keltoum aurait, elle aussi, nourri depuis longtemps en secret.

Une éducation de jeune fille rangée

Née le 3 février 1987, Oum Keltoum est la benjamine de la famille Boufarès. De ses deux grandes sœurs, Abla (qui porte le nom de la mère de Hassan II) et Oum El Ghait, on ne sait pas grand-chose, si ce n’est qu’elles sont déjà mariées et habitent toutes les deux à Rabat. Incarnation parfaite de la jolie jeune fille rangée, Oum Keltoum passe une enfance dorée à Marrakech, dans la maison de fonction de son père, située face à la Koutoubia, depuis sa nomination au poste de gouverneur de Marrakech Médina en 1994. Primaire à l’école Auguste Renoir, lycée Victor Hugo, cette fille de haut fonctionnaire suit le parcours scolaire classique des jeunes filles marrakchies aisées. À l’école, elle se fait plutôt réservée, autant sur les bancs de la classe que dans la cour de récréation. De l’aveu de l’une de ses anciennes camarades, « ce n’était pas le genre de fille à faire de vagues, même si elle s’est toujours distinguée des autres en étant un vrai modèle de bonne éducation ». À part quelques après-midi à la maison entre amies, on ne sait rien de ses occupations, ni même de ses passions. Pas d’alcool, pas de cigarettes, Oum Keltoum n’est pas de ces adolescentes qui ont besoin de transgresser les interdits pour devenir qui elles sont. Quand on compte Lalla Soukaina, la petite-fille préférée de Hassan II, parmi ses amies intimes, on apprend très jeune à soigner sa ( bonne) réputation, et à cultiver le goût de la discrétion. « Moi qui l’ai longtemps côtoyée à l’adolescence, je ne lui ai jamais connu de compte Facebook ni de présence particulière sur les réseaux sociaux », confie l’un de ses anciens amis. De quoi faire taire les mauvaises langues qui prétendent que sa vie digitale aurait été « nettoyée » peu avant son union. De là à imaginer qu’elle savait au fond d’elle qu’elle serait un jour vouée à l’exposition ? Elle seule le sait.

Une étudiante comme les autres

Côté scolarité, idem. « C’était une élève normale, nous confie-t-on, de celles qui réussissent plutôt bien sans pour autant avoir besoin d’attirer l’attention». Ce qui lui vaut un parcours académique tout ce qu’il y a de plus classique, sanctionné par un baccalauréat économique et social décroché vraisemblablement en 2006. Vous avez dit banal? A une époque où la normalité est une valeur à la mode, Oum Keltoum a, au contraire, tout pour plaire. Peu de temps après sa majorité, la jeune fille quitte pour la première fois son Marrakech natal, direction Paris. À l’instar de ses sœurs, qui ont elles aussi étudié dans la capitale française, la petite fille sage, désormais émancipée, élit domicile dans les beaux quartiers de la rive droite. En femme moderne, elle fait le choix de vivre seule, dans l’intérieur feutré d’un appartement de l’avenue Pierre-Ier-deSerbie dans le 8e  arrondissement. Objectif : être le plus proche possible de l’European Business School (EBS), située à quelques encablures de là, où elle s’inscrit en tant qu’étudiante. C’est dans cette école spécialisée dans l’enseignement des métiers du management qu’Oum Keltoum effectue la totalité de ses études supérieures. Comme la plupart de ses camarades, elle suit un programme généraliste sur 5 ans et opte, en fin de cycle, pour un master spécialisation marketing et communication. Là encore, un parcours sans fausse note. De quoi enchanter la famille royale.

Une officialisation soudaine

Du haut de ses 27 ans et de son 1m65, Oum Keltoum est décrite par ses amis (qui préfèrent rester anonymes) comme « une jeune femme très douce, indiscutablement gentille mais plutôt secrète, presque rêveuse. »Une nature discrète qui se prête idéalement à la tradition monarchique et au protocole. Allure svelte, chevelure longue et ondulée, regard perçant… physiquement aussi, cette jeune femme que l’on dit très coquette a plus d’un atout pour séduire. Une multitude de qualités qui ont conduit le prince à succomber au charme de cette jeune femme «presque parfaite». Si personne ne connaît vraiment la date exacte de leur rencontre, le dé- but de leur romance remonterait à 2012. Juste assez de temps pour apprendre à se connaître… et franchir le cap de l’officialisation. L’année dernière, presque à la même époque, la rumeur se répand : Moulay Rachid serait décidé à la demander en mariage. Même s’il n’en est rien, la nouvelle fait grand bruit, surtout dans la ville ocre. Une longue année d’attente pour Oum Keltoum, puis tout s’accélère. En quelques semaines, la demande est faite et un communiqué diffusé par le ministère de la Maison royale, du Protocole et de la Chancellerie le 15 juin dernier vient officialiser leur union. Le tout ponctué par une cérémonie organisée dans la plus grande discrétion. Contacté par TelQuel, le père d’Oum Keltoum précise que la conclusion de l’acte de mariage « n’était pas une décision prise de longue date, tout s’est fait très vite. » Passé les formules de remerciement de rigueur à nos longues félicitations, Moulay Mamoun laisse enfin exprimer sa joie. À la question « Êtes-vous heureux ? », l’ancien wali de Marrakech répond avec émotion : « Evidemment ! Quel père ne serait pas heureux de marier sa fille ! C’est un très grand honneur pour moi et pour toute la famille. » Une famille déjà très unie, qui entre désormais dans l’histoire, en attendant le mariage princier qui, diton, devrait avoir lieu à Marrakech, peu après ramadan.

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