Le Maroc, un régime « ni autoritaire, ni démocratique »

Le Maroc, un régime «ni autoritaire, ni démocratique»

Pour le New York Times, les réformes au Maroc se font encore attendre. Le pays est toujours en transition mais connaît des dérives autoritaires, selon le quotidien américain. 

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Manifestation à Rabat demandant la libération de détenus du mouvement du 20-Février, le 28 mai 2014. Crédit : AFP

A quelques semaines du quinzième anniversaire du règne de Mohammed VI, le New York Times fait le bilan des réformes entamées par le Maroc depuis le vote de la nouvelle constitution en 2011. Un bilan qui se concentre particulièrement sur le domaine des droits de l’Homme, un domaine où les réformes effectuées sont « purement artificielles » selon le quotidien américain.

« Le Maroc est comme un chantier »

Pour certains activistes des droits de l’Homme, le Maroc s’inscrit dans une logique de transition démocratique. Lors de sa récente visite au Maroc, la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, Navy Pillay, avait affiché son impatience :

« De nombreuses lois de protection (des droits de l’Homme, ndlr), prometteuses dans la Constitution, doivent encore être concrétisées. »

Pour d’autres, comme Eric Goldstein, directeur de la région MENA de Human Rights Watch (HRW), le Maroc est comparable à un chantier en construction : « Du point de vue des droits de l’Homme, le Maroc est comme un chantier géant avec de fréquentes cérémonies de coupage de rubans pour inaugurer les projets ». La nuance est à peu près similaire pour Mounia Bennani-Chrabi, professeur de relations internationales à l’université de Lausanne, et qui considère que le royaume « est l’un de ces régimes situés dans une zone grise, ni autoritaire, ni démocratique ».

Oppression

De nombreux activistes droits de l’Homme et juristes considèrent néanmoins que le royaume persiste dans ses atteintes aux droits humains. Pour Goldstein, « les autorités continuent d’arrêter et d’emprisonner des manifestants et dissidents avec des fausses accusations ». Le responsable de HRW mentionne également l’affaire Ali Anouzla et considère que la situation du journaliste est un avertissement pour ses confrères souhaitant dépasser « les lignes rouges ».

De son coté, Réda Oulamine, avocat basé à Casablanca, considère que « l’État peut arrêter n’importe quel activiste, s’il le désire ».  L’application de la loi dépend de la justice, qui est également en besoin de réformes : « il n’y a pas de justice indépendante malgré la constitution », note Oulamine, qui salue néanmoins la création du « club des magistrats ».

Malgré cette situation de transition, certains estiment que ce retard pourrait provoquer des tensions.  « Le royaume a discrédité la gauche, les syndicats, la société civile et maintenant les islamistes […] et il sera bientôt confronté au peuple, sans issue de secours », déclare Marouane Morabit, un activiste basé à Casablanca.

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