Ali Lotfi : « Il n’y a pas de dialogue avec ce gouvernement »

Nous avons posé trois questions à Ali Lotfi, Secrétaire général de l’Organisation démocratique du travail (ODT).

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Photo : Rachid Tniouni

Pourquoi déposer une plainte contre le gouvernement ?

Nous venons de déposer plainte auprès de l’OIT (l’Organisation internationale du travail) pour exprimer un désaveu vis-à-vis de la conduite du gouvernement. Nous considérons que ce dernier mène une politique qui contrevient à plusieurs conventions signées par le Maroc. Et nous tenons à rappeler à l’international que le Maroc n’a toujours pas signé certaines conventions concernant la liberté syndicale. La disparité des salaires entre hommes et femmes, les salariés du public qui ne touchent pas le SMIG… tout ça n’est plus acceptable en 2014.

Doit-on comprendre que le dialogue est difficile ?

Bien sûr. Avec ce gouvernement, il est très compliqué de discuter. D’autant qu’il privilégie le syndicat proche du parti de la majorité. Le précédent gouvernement laissait plus de marge aux négociations. Et l’équipe de Benkirane revient même sur des acquis que nous avions négociés avec le précédent gouvernement, comme l’élargissement de la couverture sociale dans le privé, la promotion dans le public ou encore l’abolition des articles de loi incriminant les grévistes.

Prévoyez-vous d’autres actions ?

Pour le moment, les lycéens et les étudiants passent leurs examens et le ramadan arrive. Mais nous n’allons pas rester les bras croisés. Nous pensons mener des actions, grèves et manifestations à la rentrée. Il faut bien comprendre l’importance des questions économiques et sociales dans l’évolution du pays : l’intégration des migrants, l’égalité entre les sexes… La résolution de ces questions est primordiale. La rentrée sociale sera chaude ! 

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