Sur les traces des jihadistes marocains en Syrie (3/3)

Sur les traces des jihadistes marocains en Syrie (3/3)

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Portraits. Les figures marocaines

Entre anciens du jihad et jeunes recrues, figures du salafisme marocain ou enfants soldats, la Syrie regorge de compatriotes armés. Trombinoscope des personnages les plus emblématiques.

Oussama Chaâra.Le plus jeune. Quand, en décembre 2013, le quotidien britannique Telegraph publie des clichés d’un enfant présenté comme un Marocain âgé de 13 ans, une mitraillette à la main en Syrie, les internautes s’émeuvent. Info ou intox ? Les partisans du régime de Bachar Al Assad raffolent de ces polémiques qui entachent la populairté de la rébellion. Mais il semble que, effectivement, le jeune soit un Marocain du nom de Oussama Chaâra et natif de Tanger, qui aurait rejoint son père, vendeur ambulant de cigarettes, en Syrie.  

Ilyas Mejjati.Le fils de son père. A 21 ans, Ilyas Mejjati fait aussi partie des plus jeunes combattants marocains en Syrie. En février dernier, il rejoint l’État islamique en Irak et au Levant. Si ce jeune homme est connu, c’est surtout par son père, Karim Mejjati, tué par la police saoudienne en 2005 et l’un des principaux animateurs d’Al-Qaïda entre l’Espagne et le Maroc et un des Marocains les plus « gradés » de l’organisation. Ilyas avait été enfermé avec sa mère et avait subi très jeune les affres de la torture blanche, ce qui lui a laissé de nombreuses séquelles.

Brahim Benchekroun.Le fondateur. Issu d’une riche famille fassie, il a vu le jour à Casablanca en 1979. Arrêté en Afghanistan lors de l’invasion par la coalition, il est incarcéré dans la prison spéciale de Guantanamo puis remis aux autorités marocaines en 2004. Relâché, il retombe vite et se voit condamné à six ans de prison. A la fin de sa peine, il met le cap sur la Syrie et fonde Harakat Sham Al Islam. Il est tué par un sniper début avril dans des combats à l’Ouest du pays.

Abdelaziz El Mehdali. Du M20 au jihad. Ce jeune marchand ambulant de Fnideq, né en 1986, s’est illustré dans les rangs du pacifique Mouvement du 20 février avant de prendre fait et cause pour la défense des détenus salafistes. De fil en aiguille, il atterrit en Syrie où il rejoint l’Etat islamique en Irak et au Levant. Reconnu pour son courage, sa vaillance, il aurait été chargé d’appliquer les sanctions prévues par la Charia. Il décède dans des combats contre Jabhat Al Nosra, autre organisation jihadiste.

Mohamed Souleimani Alami. L’ingénieur. Né à Fès en 1956, anglophone, il était connu pour ses capacités d’organisateur et jouissait d’un grand respect dans la galaxie des jihadistes marocains. Passé par les prisons spéciales américaines, il est renvoyé au Maroc où il est arrêté. Relâché en 2011, il ne tarde pas à quitter le pays pour rejoindre le nouveau front syrien, où il 
perd la vie.

Mohamed Mazouz.Le nouvel émir. Né en 1973, il est le plus indiqué pour prendre le relais de Benchekroun à la tête de Harakat Sham Al Islam. Arrêté en Afghanistan, transféré dans les geôles de Guantanamo, il a été livré au Maroc en 2004. On le présente parfois comme un bon manieur d’explosifs et il aurait détruit un char d’assaut de l’armée loyaliste. Il est surtout un « émir », une tête pensante qui met au point la ligne politique du groupe et s’est activé pour la paix entre tendances jihadistes.

Anas El Haloui.Le communicateur. Après avoir purgé trois ans de prison pour terrorisme, entre 2004 et 2007, ce quadragénaire a été l’un des principaux fondateurs de la Coordination de défense des détenus salafistes. En décembre 2013, il plonge sa famille et ses proches dans la stupeur quand il part en Syrie non sans expliquer son geste dans une lettre ouverte. Il met ses dons de communicateur au service de Harakat Sham Al Islam. Il est mort le 4 avril dernier.

Najib Housseini. Le blessé. Ce natif de Settat, ancien marchand ambulant de légumes âgé de 36 ans, a été capturé en Afghanistan après une bataille où il a perdu l’usage d’une main. Emprisonné à Guantanamo, il est le dernier Marocain à être livré par les Etats-Unis aux autorités du royaume. Ulcéré par les nouvelles de l’utilisation de l’arme chimique contre l’opposition syrienne, il rejoint le front en septembre 2013. Le 2 avril, « Abou Adam », de son nom de combat, meurt près de Lattaquié.

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