Énergie. Nareva à l’épreuve du plan éolien

Énergie. Nareva à l’épreuve du plan éolien

La filiale énergie de la SNI gère actuellement quatre parcs éoliens d’une capacité de plus de 500 MW. Son site de Tarfaya est présenté aujourd’hui comme le plus grand parc d’Afrique.

Après le démarrage en 2013 de la production d’énergie éolienne dans trois des quatre parcs que gère Nareva, la filiale énergie de la SNI s’apprête enfin à mettre en service le site de Tarfaya courant 2014. Au final, il aura fallu pas moins de six ans pour voir les éoliennes érigées par Nareva bien en marche. Créé en 2005, le holding se targue à l’heure actuelle d’avoir à son actif la première réalisation dans le cadre de la loi 13-09 qui libéralise la production et la commercialisation d’électricité à partir des ressources renouvelables, à travers sa filiale Energie Eolienne du Maroc (EEM). Ce projet a donné lieu au développement de 203 MW répartis sur trois sites de production : Haouma (région de Tanger), Akhfennir (région de Tarfaya) et Foum El Oued (Laâyoune). Les trois parcs d’EEM disposent d’un productible de 770 GWH par an, l’équivalent de la consommation d’une ville comme Agadir. Energie Eolienne du Maroc fournit six grandes entreprises, à savoir Lafarge Maroc, Sonasid, OCP, Managem, Samir et Air Liquide Maroc. L’économie en devises de ce projet, qui représente 10 % de l’objectif national de 2000 MW éoliens à l’horizon 2020, équivaut à 140 millions de dollars par an de pétrole importé. EEM a alloué une enveloppe d’investissement de 3 milliards de dirhams pour le développement des trois parcs. « L’investissement dans l’énergie, contrairement à ce que certains peuvent penser, est un investissement à risque. Que cela concerne la construction, la maintenance ou encore le productible, nous établissons des hypothèses relatives aux coûts que nécessite le projet que nous soumettons après aux banques pour le financement. Tout surcoût dans la réalisation du projet est d’emblée adossé à l’investisseur », explique Ahmed Nakkouch, PDG de Nareva Holding. De plus, le retour sur investissement, qui est théoriquement de dix ans, peut s’avérer plus long si le projet n’est pas achevé dans les délais préalablement fixés ou si des surcoûts sont constatés.

Tarfaya, la fierté du holding

 

Si la mise en œuvre du projet Energie Eolienne du Maroc a été concrétisée dans le cadre de la loi 13-09, la société Tarfaya Energy Company (Tarec), l’autre filiale de Nareva, est née d’un partenariat public-privé avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) suite à un appel d’offres international. Tarec est détenue conjointement par Nareva Holding (50 %) et GDF Suez (50%). Avec une capacité installée de 301,3 MW, le parc de Tarfaya est le plus grand site éolien d’Afrique. Il a nécessité une enveloppe d’investissement de 5 milliards de dirhams et dispose d’un productible de 1084 GWH par an, soit l’équivalent de la consommation d’une ville comme Marrakech. Cette énergie sera fournie exclusivement à l’ONEE dans le cadre d’un contrat d’achat de 20 ans. L’économie en devises réalisée par ce projet est de 200 millions de dollars par an de pétrole importé. Le parc de Tarfaya contribuera à hauteur de 15 % dans la réalisation de l’objectif national d’installer 2000 MW d’éolien à l’horizon 2020.

Le meilleur à venir

Même si le holding dispose aujourd’hui d’un portefeuille éolien total de plus de 500 MW, il ne compte pas pour autant s’arrêter là. Nareva a été pré-qualifiée pour le projet éolien de 850 MW en partenariat avec Taqa et Enel Green Power. Pour rappel, l’ONEE a procédé en février dernier à la remise du cahier des charges de l’appel d’offres, relatif au projet éolien intégré de 850 MW, aux cinq groupements soumissionnaires en lice, dont le consortium pour lequel Nareva est chef de file. Ce programme constitue la seconde phase du programme intégré de l’énergie éolienne. Le projet éolien de 850 MW se compose en fait de cinq parcs : Midelt (150 MW), Tiskrad (300 MW), Tanger II (100 MW), Jbel Lahdid (200 MW) et Boujdour (100 MW). Il devrait être mis en œuvre au cours de la période allant de 2016 à 2020. « Nous allons soumettre nos offres entre juin et août prochain », souligne Adil Khamis, directeur stratégie & développement de Nareva. Pour s’adjuger ce marché d’envergure, des alliances ont été nécessaires. Les opérateurs soumissionnaires à l’appel d’offres sont tenus de s’organiser en consortium vu la taille pharaonique du projet. Une seule entreprise ne serait pas capable d’assurer toutes les étapes que nécessite ce chantier, allant de la mise en œuvre au développement, à la conception, au financement, jusqu’à la construction, l’exploitation et la maintenance. D’où le partenariat de la filiale de SNI avec l’Emirati Taqa et l’Italien Enel Green Power. « L’industrie éolienne au Maroc demeure très jeune. L’objectif de l’appel d’offres de 850 MW qu’a lancé l’ONEE est de donner suffisamment de volume pour justifier aux turbiniers internationaux un investissement au Maroc », soulève Nakkouch. Pour l’éolien, l’intégration industrielle n’est pas encore au diapason, pour des raisons nettement structurelles qui renvoient, entre autres, à la capacité des PME-PMI nationales à répondre favorablement à des besoins d’équipements à forte valeur ajoutée technologique. Les entreprises marocaines opérant dans les énergies renouvelables ont encore du chemin à parcourir en termes de technologie, de recherche et de développement. Nareva affirme par ailleurs que 40 % des travaux réalisés ont été confiés à des entreprises nationales, aussi bien dans le génie civil (Somagec et SGTM), qu’au niveau du réseau électrique (Cegelec). La fabrication des tours a été assurée par Delattre Levivier Maroc (DLM) et la logistique confiée à Alstom Maroc, Siemens Maroc, AGTT et Eurogrue Maroc. « Le transfert de technologie au Maroc ne peut se faire qu’à travers le partenariat avec des opérateurs étrangers. Pour l’appel d’offres de l’ONEE, on parle de 1500 MW. Nous espérons que cela représentera assez de volume pour que les turbiniers installent leurs usines de fabrication au Maroc », souligne Nakkouch. Nombreux sont donc les défis qui restent encore à relever pour une industrie qui ne dépend finalement que du vent !  

Objectif 2020. En attendant l’indépendance énergétique

Le programme marocain de l’énergie éolienne se compose au total de 14 parcs éoliens répartis sur tout le pays pour une puissance de 2000 MW installée et d’un productible de 6600 GWH. En moyenne, chaque parc disposerait de 3300 heures de marche. « Il s’agit d’un investissement de 
3,5 milliards de dollars et d’une économie annuelle de 15 millions de tonnes en pétrole. Ce qui a un impact direct sur la baisse de la facture énergétique », affirme le PDG de Nareva. Le Maroc dépend aujourd’hui à hauteur de 97 % de l’étranger pour ses besoins en énergie. L’objectif visé est d’atteindre une part de 42 % des énergies renouvelables dans l’offre électrique nationale à l’horizon 2020, dont 14 % en éolien, 14 % en solaire et 14 % en hydraulique.  

 

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