Guide. Comment choisir le financement de sa voiture ?

Guide. Comment choisir le financement de sa voiture ?

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Crédit bancaire, sociétés spécialisées, Mourabaha, Ijara, LOA… Le marché du financement automobile au Maroc propose un éventail de formules. Décryptage.

Vous n’avez marqué aucune hésitation au moment de désigner la voiture de vos rêves mais une question cruciale se pose dès lors que vous envisagez de vous l’offrir. Comment financer cette nouvelle acquisition ? Car l’élue a un prix qu’il est souvent difficile de payer comptant, à moins d’avoir un bas de laine généreusement garni.

Dans le cas contraire, différentes options se présentent à vous. Entre le crédit classique chez votre banquier ou auprès d’une société spécialisée, la location avec option d’achat, les produits alternatifs Mourabaha ou Ijara, vous aurez l’embarras du choix. Aujourd’hui, le consommateur, sollicité de toutes parts, à coups de produits novateurs, d’opérations promotionnelles spécifiques et de campagnes de communication à grande échelle, a du mal à s’y retrouver dans la foison de produits de financement proposés. Voici comment y voir plus clair.

Le crédit bancaire

Ce n’est plus un secret pour personne. Une bonne relation avec sa banque + un bon historique client + une demande de

prêt = une réponse favorable. Ce qui fait du crédit bancaire, l’une des formules les plus populaires du marché. La facilité d’accès et la rapidité du traitement des dossiers sont également des avantages à mentionner. Aujourd’hui, il est possible d’obtenir un préaccord immédiat pour l’octroi d’un crédit automobile et un accord définitif au bout de 24 heures, le plus souvent sur simple présentation de la facture pro-forma du véhicule, là où une société de financement vous demandera un peu plus de documents (vos attestations de salaires et de travail, vos bulletins de paie et autres relevés bancaires) et donc de temps.

« Nous misons beaucoup sur ce détail, L’établissement connaît généralement son client sur le bout des doigts. Nous avons l’historique de ses mouvements, nous connaissons son profil de risque et s’il est clean, nous lui octroyons facilement l’emprunt qu’il demande », explique un analyste crédit d’une banque de la place.

Mieux encore, le crédit bancaire est considéré comme celui qui propose le taux d’intérêt le moins coûteux. Son « prix » ne dépasse pas les 6,5% à 7%, quand ce même taux peut facilement atteindre les 12% dans une société de crédit. Et pour ne rien gâcher, pour peu que vous soyez dans les petits papiers de votre banquier, ce taux peut être plus ou moins négociable.

Les sociétés de financement

Le principal intérêt de ce crédit dit « classique » est qu’il propose à l’emprunteur la possibilité d’un financement à hauteur de 100% du prix du véhicule, avec la possibilité d’étaler le remboursement sur une durée pouvant aller jusqu’à 84 mois. Autre avantage, lesdites sociétés de financement, concurrence oblige, multiplient les innovations en matière de produits, proposant à leurs clients de plus en plus d’offres « packagées ». A titre d’exemple, chez Wafasalaf, société de financement adossée au groupe Attijariwafa bank, le crédit classique est vendu dans un package qui propose, outre le financement de l’achat du véhicule, la prise en charge de l’ensemble des dépenses reliées, de la vignette aux frais d’immatriculation, en passant par l’assurance… Le tout grâce à une réserve d’argent mise à disposition, qui court sur toute la durée du crédit. Toutefois, il va falloir consentir à des taux d’intérêt un tantinet plus élevés.

La location avec option d’achat

Les apparences sont souvent trompeuses et la location avec option d’achat en matière de financement automobile en est la preuve. Ce qui ressemble à un contrat de loyer est en fait une simple opération de financement à tempérament, autrement dit un crédit. D’après ses clauses, le client est censé louer le véhicule auprès d’une société de financement, contre une mensualité prédéterminée et une avance avoisinant 30% au minimum. Pour autant, le « locataire » doit prendre en charge différentes dépenses relatives au bien loué : frais de l’immatriculation, entretien, taxe de vignette et frais d’assurance… Ainsi présentée, cette formule ne semble avoir rien de « magique ». Pourtant, la location avec option d’achat, proposée pour la première fois en 2000, est aujourd’hui l’option la plus prisée par les acheteurs sur le marché du financement auto. Et pour cause, elle se distingue par sa souplesse, sa transparence et, in fine, des taux d’intérêt plutôt intéressants. La durée de location peut varier de 30 à 60 mois, et si le client décide d’activer l’option d’achat (ce qu’il fait dans pratiquement 100% des cas), il aura à débourser une valeur résiduelle convenue à l’avance, et ne dépassant jamais les 10% du prix du véhicule.

Les produits alternatifs

Comment gagner le cœur des derniers résistants aux crédits à intérêts ? Les sociétés de financement ont trouvé pour les attirer des solutions dites « islamiques » comme la Mourabaha et l’Ijara. Lancés sur le marché marocain en 2007, ces deux « produits  alternatifs » ont la particularité de répondre aux exigences de la charia (droit islamique), en cela qu’ils ne comportent pas d’intérêts, dans la forme du moins.

La première formule, Mourabaha, est une transaction conclue entre le client et la société de financement, par laquelle cette dernière achète le véhicule choisi par le client, pour le lui revendre ensuite. Le financement peut ainsi atteindre jusqu’à 100% de la valeur de la voiture et la durée du financement aller jusqu’à 60 mois. L’astuce ? Le client ne paie pas des mensualités avec intérêts, mais des traites incluant une marge clairement et explicitement déterminée au départ. Oui, tout est affaire de sémantique… Dans le même esprit, en cas d’impayés, le locataire est sanctionné par une pénalité forfaitaire, et non pas des agios ou autres frais financiers assimilables à des intérêts. Autre avantage associé à cette option : la possibilité de solder une partie ou la totalité du prix de son véhicule à tout moment de la durée du contrat.

Deuxième formule « halal » proposée par quelques organismes de financement, l’Ijara qui n’est autre qu’un contrat de location, se distinguant toutefois sensiblement d’un leasing professionnel. Explications : dans le cadre de ce contrat, c’est toujours l’établissement de crédit qui se charge d’acheter le véhicule pour le placer en location auprès de l’intéressé. Sauf que dans le cas présent, il s’agit d’une véritable location, puisque le nom du client n’est pas apposé sur la carte grise et qu’il n’est tenu de verser aucun apport initial ni « avance ». Et si le produit est jugé conforme aux préceptes islamiques, c’est parce que le terme « taux d’intérêt » n’est jamais stipulé dans le contrat ; il est remplacé par une marge sur le loyer. Là encore, un retard de paiement du loyer est réglé par une pénalité forfaitaire. Enfin, au terme de la période de location, le client a la possibilité de devenir propriétaire du véhicule, et cela sans s’acquitter d’un quelconque montant correspondant à la valeur résiduelle.

Peu diffusés, ces produits alternatifs ont les défauts de leurs qualités car les mensualités restent relativement plus élevées que celles des produits conventionnels.

Entreprises : la location longue durée

Disposer d’un parc automobile sans avoir à se soucier de sa gestion technique et administrative, c’est désormais possible. Tout ce que l’entreprise a à faire, c’est de régler un loyer convenu à l’avance. Le reste, les sociétés de location longue durée (LLD) s’en chargent pour elle. 

Ainsi, l’entreprise se contente de louer un nombre défini de véhicules sur une durée de 12 à 60 mois, avec un kilométrage préétabli. L’opération d’externalisation peut comprendre l’entretien des véhicules, la gestion des contrats d’assurance, la fourniture de véhicules de remplacement, l’assistance, la réparation… Mieux, la LLD permet à l’entreprise de réaliser d’importantes économies fiscales en comptabilisant la charge du loyer. Résultat des courses : une économie d’impôt qui peut se compter en millions de dirhams dans le cas d’une grande entreprise, et en dizaines de milliers de dirhams pour le cas d’une PME de bonne taille.

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