édito

Edito. Gouvernement des affaires courantes

Edito. Gouvernement des affaires courantes
avril 21
10:38 2018
Partager

En faisant dérouler la liste des noms de celles et ceux qui composent le gouvernement, comme nous, vous risquez d’être effarés. Ils sont nombreux à être inconnus et muets. Que font-ils pour servir le citoyen depuis un an ? C’est un mystère que nous n’avons pas réussi à percer. Aucune déclaration publique. Aucune initiative lancée. Lors de l’épreuve de la reddition des comptes, ils s’en sortiront sûrement en invoquant la discrétion. Contentons-nous des gros portefeuilles, alors que le gouvernement Saâd-Eddine El Othmani souffle sa première bougie. Le chef d’orchestre est travailleur, mesuré, appliqué et de bonne volonté. Il gère les affaires courantes au mieux de ce qu’il peut. Sa communication — qui reste strictement institutionnelle — est soignée. Mais comme le Maroc qui se cherche toujours un cap, El Othmani est perdu. Il est dans la gestion, jamais dans l’action. Quelle proposition nous fait-il pour inscrire le Maroc dans un développement plus inclusif ? Une énième commission ? Très, très loin des enjeux.

Le Chef du gouvernement se comporte comme s’il était l’intendant de la maison Maroc. Pourtant, les électeurs — certes peu nombreux — lui en ont confié les clés. Plus précisément au PJD. Des clés à partager avec le roi. Les pouvoirs du gouvernement et du roi sont clairement définis par la Constitution, mais le parti d’El Othmani ne semble tenir qu’à un seul article, le 47 : “Le roi nomme le Chef du gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections”. Quelques mots qui permettent aux islamistes d’être à la tête du gouvernement, et qui étaient censés inscrire le Maroc sur la voie d’une monarchie parlementaire, promettaient les défenseurs de cette version. Sauf que les autres impératifs constitutionnels, ceux qui permettent l’effectivité de la séparation des pouvoirs, mais qui supposent de travailler, comme ceux édictés par l’article 89 par exemple : “Le gouvernement exerce le pouvoir exécutif. Sous l’autorité du Chef du gouvernement, le gouvernement met en œuvre son programme gouvernemental”, ils y tiennent moins, nos islamistes.

Un pouvoir ne se donne jamais, il s’arrache. Encore faut-il être capable de l’exercer. Aucun
ministre PJD ne s’agite pour proposer un programme, lancer des initiatives. Que nous avouent-ils en creux ? Leur incapacité à gouverner. Depuis un an, rien ne s’est passé dans le département du Transport et de l’Équipement. Rien non plus du côté de l’Énergie. Surtout ne pas faire l’erreur de demander au ministre de s’exprimer sur le projet gazier — 4,5 milliards de dollars —, il n’a rien à dire sur le sujet. Le programme du gouvernement pour l’emploi ? Des généralités peu convaincantes. Quant aux ministres non-PJD, ils ne travaillent pas à leur aise. “Malgré toute la bonne volonté qu’il a, El Othmani ne gagne pas notre confiance”, confesse l’un d’entre eux. La perception des Marocains est bien pire. Ils n'accordent aucun intérêt à ce gouvernement

Tags
Partager

Lire aussi

NEWSLETTER TELQUEL BRIEF

Nous suivre

Retrouvez le meilleur de notre communauté

facebook twitter youtube instagram rss