essentiel

Zakaria Boualem et la Fifa, "que Dieu prélève en elle le droit"

Zakaria Boualem et la Fifa, "que Dieu prélève en elle le droit"
avril 16
09:12 2018
Partager

Zakaria Boualem est très agacé. La FIFA, que Dieu prélève en elle le droit, se prépare à une nouvelle félonie pour éjecter notre dossier de candidature à la Coupe du Monde avant le grand vote. Par un de ces coups fourrés dont ils ont le secret, les tout-puissants organisateurs du football mondial ont tranquillement orienté le système de notation des pays pour nous pénaliser, voici l’affreuse vérité. Avant d’aller plus loin, il faut vous préciser que notre héros nourrit les plus grands doutes sur notre capacité à organiser cette Coupe du Monde, et il faut ajouter qu’il n’est pas convaincu de la pertinence de la démarche intellectuelle qui conduit à la réclamer.

Pire encore, il accepterait un échec avec fair-play, il le trouverait même logique lorsqu’on sait que notre concurrent s’appelle les Etats-Unis. Mais ce qu’il n’accepte pas, c’est de se faire éjecter comme un malpropre par une manœuvre pleine de fourberie, c’est un sentiment abominable. Vous avez compris le principe : je peux dire que je suis un peu faiblard, mais je n’accepte pas que tu le dises toi, et encore moins que tu magouilles pour le démontrer. Vous pouvez trouver ça incohérent, mais c’est humain, débrouillez-vous avec ça, et merci. Revenons à la FIFA, les amis. Il faut les imaginer tenir une réunion dans leurs austères bureaux suisses (et d’ailleurs, pourquoi sont-ils en Suisse, ces malfrats ? C’est une place forte du foot, la Suisse ? Si vous aviez le choix entre toutes les villes du monde pour installer vos bureaux, et à moins que vous ne soyez louche, vous iriez en Suisse, vous ?). La réunion, donc :

• Chef, le vote risque de mal se passer, on fait quoi ?

• Comment ça il risque de mal se passer ? Ils sont tombés sur la tête ? Ils veulent une Coupe du Monde avec des matchs à huis clos, des heures nouvelles et anciennes qui rendent fou, des spectateurs qu’on renvoie chez eux avec leur ticket parce que c’est déjà plein, des Allemands qui vont au stade en triporteur, des sandwichs au chat, des toilettes bouchées et une tribune de presse bondée de gosses ?

• Non, mais ils détestent Trump.

• Mmmm…

• Alors, on fait quoi ?

• On descend les garanties gouvernementales pour faire disparaître Trump, on autorise le vote blanc pour noyer le scrutin, on compte les centimètres entre les aéroports et les stades pour confondre les Marocains…

• Euuhhh… Ça va se voir, non ?

• On s’en fout, on est en situation d’urgence, Günter.

Il fallait être bien naïf pour imaginer que la FIFA allait lâcher la main sur sa Coupe du Monde. Parce que c’est bien sa Coupe du Monde, ne vous y trompez pas. C’est même aujourd’hui son football, ne me demandez pas comment on en est arrivés là. Ou plutôt si, il faut se poser la question. A quel moment de notre histoire avons-nous décidé que l’objectif de la FIFA était de gagner le plus d’argent possible ? C’est une fédération, après tout, chargée d’organiser des compétitions, pas une multinationale assoiffée de profit. On parle de presque six milliards de dollars de cash pour l’édition 2014 de la Coupe du Monde, prenez le temps d’apprécier ce chiffre colossal, c’est le montant de la dette extérieure du Ghana. Pour quelle espèce de raison avons-nous accepté que cet entité toute-puissante vende notre passion à des chaînes télé et à des sponsors, et sans le moindre contrôle ?

Avec l’argent qu’elle génère, la FIFA pourrait construire des stades toute seule, au lieu de venir se pavaner en inaugurant en grande pompe des synthétiques cheap au nom d’un humanitaire frelaté. Et d’ailleurs, pourquoi l’insupportable nain pompeux, Blatter, n’est pas en prison ? On me signale à l’instant qu’il vient d’exprimer son soutien au Maroc. C’est une insupportable provocation, venant du type qui a ourdi des complots pour favoriser l’Afrique du Sud. Un peu comme si Al Capone s’était mis à militer soudain pour la transparence fiscale ou les Saoudiens pour l’égalité des sexes. Il pourrait juste se taire, le bougre, mais non, il nous soutient, et Zakaria Boualem espère qu’il l’a fait gratuitement. Imaginez un peu que le type nous soutire des dollars supplémentaires… Non, en fait, n’imaginez rien, il faut penser à autre chose, ou mieux, aller se coucher. Oui, même si vous lisez cette page le matin, et merci.

Tags
Partager

Lire aussi

NEWSLETTER TELQUEL BRIEF

Nous suivre

Retrouvez le meilleur de notre communauté

facebook twitter youtube instagram rss