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Financement automobile: le casse-tête des formules

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Financement automobile: le casse-tête des formules
avril 16
17:35 2018
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Crédit bancaire, crédit à la consommation, location avec option d’achat, produits participatifs... Les solutions pour financer un achat automobile sont nombreuses. A vous de faire votre marché !

À moins de disposer d’un compte bancaire bien garni, il est certain que la question du financement se posera au moment de jeter votre dévolu sur une nouvelle voiture. Et comme la majorité des acheteurs, vous allez devoir recourir à un emprunt auprès d’un organisme de financement. C’est alors que la question se pose : comment choisir parmi les différentes offres disponibles sur le marché ? Entre le crédit contracté auprès d’une banque, la location avec option d’achat proposée par les sociétés de financement ou les tout récents produits participatifs, il n’est pas toujours aisé d’arbitrer. Voici donc un survol des différentes formules de financement pour vous aider à choisir celui qui vous convient.

LOA : la formule la plus populaire

Introduite sur le marché au début des années 2000, la location avec option d’achat est devenue, depuis, la solution de financement automobile préférée des acheteurs marocains. Ses arguments de séduction : une grande souplesse, la rapidité du traitement des dossiers et une réelle facilité d’accès. Sans oublier évidemment l’atout majeur : des mensualités sensiblement inférieures à celles de la plupart des autres modes de financement.

Concrètement, la société de financement met à la disposition de son client le véhicule de son choix, en location pendant une durée déterminée (allant de 24 à 60 mois), avec la possibilité d’en devenir le propriétaire une fois le contrat de location terminé. Mais, malgré ce que son appellation suggère, nous ne sommes pas en présence d’une location en bonne et due forme. D’abord, parce que le financement ne porte pratiquement jamais sur la totalité du prix de l’auto, puisque le client devra s’acquitter d’un apport propre variant, selon les formules, de 5 à 50% du montant à payer. Ensuite, parce que l’intégralité des dépenses relatives au véhicule (frais d’immatriculation, taxe de vignette, assurance, entretien…) restent à la charge du client. Enfin, lorsque ce dernier décide d’activer l’option d’achat - ce qui arrive dans 100% des cas, il devra effectuer un dernier paiement, correspondant à la “valeur résiduelle” déjà précisée dans le contrat de location. Mais tout cela ne semble pas déranger outre mesure les acheteurs, qui continuent à plébisciter la LOA. Idem du côté des importateurs automobiles, qui ont fait de cette formule la première composante de leurs offres de financement.

Crédit Conso :Du sur mesure ou presque

C’est le plus classique des produits de financement automobile. Là, pas de contrat de location ni de valeur résiduelle à payer en fin de parcours. Tout clair et simple : le client emprunte un montant pouvant aller (certes, dans de rares cas) jusqu’à 100% du prix d’achat du véhicule, sur une durée de remboursement qui varie généralement de 24 à 84 mois. Une durée pendant laquelle ledit véhicule est officiellement votre propriété, sans toutefois disposer du droit de le vendre ou de le sortir du territoire national (sauf autorisation de l’organisme de financement). On s’en doute, pour bénéficier des meilleures conditions en matière de pourcentage financé et de durée, il faudra présenter un dossier solide. Mais dans tous les cas, le crédit à la consommation a pour lui une certaine facilité d’accès et une réelle rapidité dans le traitement des dossiers. D’ailleurs, adossées à des groupes bancaires, la plupart des sociétés de financement vont jusqu’à proposer des packages comprenant, outre le financement de l’achat du véhicule, un prêt couvrant des dépenses annexes comme les frais d’immatriculation, la prime d’assurance ou la “vignette”.

Un bémol, parce qu’il y en a toujours un ? Ici, il se niche dans les taux d’intérêt et les mensualités, qui restent supérieurs à ceux pratiqués dans le cadre de la LOA ou des crédits bancaires. Et n’oubliez pas de vous enquérir des coûts plus ou moins cachés, notamment les fameux “frais de dossier”.

Crédit bancaire :sachez négocier

On a tendance à l’oublier, mais le crédit bancaire est également une solution à envisager pour financer son achat automobile. Mieux, sa banque est en principe le premier organisme auquel un client devrait s’adresser. Et pour cause, cette dernière a toutes les informations relatives à ses finances et sa capacité d’endettement, et cela sur plusieurs années. Résultat, il est possible d’obtenir une réponse à une demande de crédit dans un délai très court, sans avoir à fournir une tonne d’attestations et de justificatifs. Mieux encore: le financement peut aller jusqu’à 100% du montant de l’achat, dans le cas d’un crédit affecté à l’achat automobile. Autre avantage décisif : emprunter directement auprès de sa banque implique logiquement un taux d’intérêt plus intéressant, susceptible même d’être négocié, pour peu que vous soyez un client modèle, solvable et avec un historique irréprochable.

Produits participatifs : démarrage timide

L’ouverture en rafale des banques participatives, filiales des banques classiques, s’est accompagnée de l’arrivée sur le marché de nouveaux produits de financement. Après une courte interruption, ceux relatifs à l’achat d’un véhicule commencent également à fleurir. Il s’agit principalement des contrats de “Mourabaha” et de “Ijara”, équivalents respectifs du crédit affecté et de la LOA, et qui ont la particularité de répondre aux exigences de la Charia (droit islamique).

La première formule est un contrat commercial par lequel la banque acquiert une voiture à la demande de son client pour la lui revendre ensuite. Le mode de financement par “Mourabaha” peut couvrir jusqu’à 100% de la valeur de la voiture et les remboursements se font par mensualités, comme dans tout contrat de vente à tempérament. Seulement, celles-ci n’incluent pas des intérêts, mais une marge commerciale préalablement déterminée dans le contrat. Autre avantage : la possibilité pour le client de s’acquitter d’une partie ou de la totalité du prix de son véhicule, sans attendre la fin de la durée du contrat, ni payer une quelconque pénalité.

Quant à la “Ijara”, elle correspond à un simple contrat de location avec option d’achat. Concrètement, l’établissement bancaire achète un véhicule à la demande de son client, qui le prend en location sur une durée déterminée. Sauf que là, il en devient réellement le locataire, puisqu’il n’est tenu de verser aucun apport initial, et en lieu et place de taux d’intérêt, c’est une marge commerciale qui est appliquée dans les loyers. Toujours dans le même esprit, en cas d’impayés, le locataire est sanctionné par une pénalité forfaitaire, et non pas par des intérêts supplémentaires. Enfin, au terme de la durée de location, il a la possibilité de devenir propriétaire du véhicule sans effectuer de paiement relatif à une valeur résiduelle.

Encore peu connus du grand public, les produits “Mourabaha” et “Ijara” ont pour le moment une diffusion assez confidentielle. Et à cause de mensualités plus élevées que celles des autres formules, le succès n’est pas encore au rendez-vous. Toutefois, à en croire leurs promoteurs, le potentiel des modes de financement participatifs serait très prometteur, pouvant, à terme, conduire à une baisse de son coût.

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