édito

Edito. Back to business

Edito. Back to business
avril 14
14:52 2018
Partager

On entend beaucoup cette question : pourquoi le roi ne rentre-t-il pas au Maroc ? On n’écrit pas toujours ce qu’on entend. Fort heureusement. Mais cette interrogation dit beaucoup du désarroi qui s’installe. Le roi a subi une opération du cœur, une période de convalescence lui a été prescrite. Néanmoins, l’absence de notre chef d’Etat n’est pas comprise et elle inquiète. Alors que la presse internationale s’empare du sujet, au Maroc c’est sur WhatsApp qu’il est abordé. Les liens des articles sur le roi sont partagés massivement, le plus souvent accompagnés d'émoticônes circonspects. Dans ces contenus qui circulent, il y a à boire et à manger. Beaucoup de théories, certains off attribués à des proches du Palais, et des mots qui effraient le royaume.

Chez nous, dans nos journaux, ce sujet ne peut être abordé avec légèreté. Le roi est un chef d’Etat, un symbole, le représentant d’un bien commun, la monarchie. Le consensus des Marocains sur ce bien doit imposer à chacun de la mesure. Un impératif bien plus fort que les craintes légitimes des journalistes marocains avant d’aborder ce sujet. Et qui explique en partie notre mutisme presque général. Qu’y a-t-il donc à dire dessus en l’absence d’explications officielles claires ? On peut toutefois relayer ici une demande. Le Maroc a besoin de son roi et de sa présence. Il a suffi que cette semaine il apparaisse sur le perron de l’Elysée pour que l’on soit tous rassurés. “Back to business”, pense-t-on désormais. Du moins sur la scène internationale. Des échéances diplomatiques importantes s’annoncent, comme le sommet de la Ligue arabe à Dhahran, et le roi y défendra sa position très sage, cette fameuse “neutralité constructive” à l'égard des pays du Golfe.

Mais alors que les choix diplomatiques du souverain s’avèrent payants, sur le front interne c’est un marasme consternant. La Constitution de 2011, qui apparaît aujourd’hui comme ayant été plus un exercice intellectuel que le miroir d’une évolution politique et sociale réelle, n’a pas non plus contribué à renforcer d’autres institutions aux côtés de la monarchie. Les forces politiques en présence ont soit été gonflées artificiellement, comme le PAM, ou sont obnubilées par une idéologie au détriment d’une évolution démocratique réelle, comme les ouailles du PJD, ou n’ont pour l’heure aucune identité politique forte, comme le RNI. De ce fait, le roi étant toujours central dans la répartition des pouvoirs, son absence est d’autant plus source d’inquiétude. Et sa présence fortement souhaitée puisqu’il est présenté comme l’arbitre au-dessus des partis, le moteur du développement du Maroc et le dernier recours.

Partager

Lire aussi

NEWSLETTER TELQUEL BRIEF

Nous suivre

Retrouvez le meilleur de notre communauté

facebook twitter youtube instagram rss