Maroc

Vacarme et chaos à la reprise du procès de Taoufik Bouachrine

Les avocats de Taoufik Bouachrine Crédit: AIC press
Vacarme et chaos à la reprise du procès de Taoufik Bouachrine
avril 12
16:19 2018
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Après un début d'audience chaotique, la défense a estimé ce jeudi 12 avril que les plaintes pour viol et agressions sexuelles contre le directeur de publication d'Akhbar Al Yaoum sont "irrecevables"et conteste l'absence d'instruction.

Le procès de Bouachrine ce jeudi s'est ouvert avec une impressionnante crise de colère de Mohamed Ziane. L'avocat du directeur de publication d'Akhbar Al Yaoum s'est insurgé contre le parquet et la partie civile qui réclament la présence d'une partie des victimes présumées de Taoufik Bouachrine (qui ne sont pas représentées par les avocats de la partie civile). Un vacarme assourdissant alors emplit la salle numéro 7 de la cour d'appel de Casablanca et la cinquantaine d'avocats des deux parties se bousculent. Le juge décide de lever l'audience.

Au bout d'une quinzaine de minutes, les esprits semblent se calmer et l'audience peut reprendre. Le juge prévient qu'il n'acceptera pas "le chaos" dans la salle. C'est alors que le bâtonnier Abdellatif Bouachrine prend la parole pour discuter les vices de forme.

Il revient sur l'arrestation du journaliste le 23 février dernier. "Trouvez-vous normal, monsieur le juge, que cet homme qui ne représente aucun danger pour la société soit arrêté par une quarantaine d'officiers en civile dans les locaux de son journal?", demande l'avocat.

Il revient sur la forme des trois plaintes, dont une anonyme, déposées en premier lieu contre le journaliste. "J'aimerais avoir des explications sur la plainte anonyme (…) Pour les autres, j'aimerais aussi comprendre comment une personne qui se dit victime d'un viol en 2015 a attendu jusqu'en 2018 pour déposer plainte", avance le bâtonnier. Selon lui, les accusations de viol et d'agressions sexuelles contre son client sont "irrecevables", car "il n'y a pas de flagrant délit".

Me Bouachrine, dénonce également une "violation dans la procédure", car le procureur n'a pas ouvert une information judiciaire. "Pourquoi ne pas avoir confié un dossier avec autant de zones d'ombres à un juge d'instruction?", se demande-t-il. L'avocat pointe aussi l'absence de confrontations entre Taoufik Bouachrine et ses victimes présumées. "C'est peut-être parce que cela va faire ressortir les incohérences des plaignantes", lâche Me Bouachrine.

Le bâtonnier remet aussi en cause le communiqué "accablant" selon lui diffusé sur les chaines publiques et la fuite des PV. "Vous avez souillé la réputation d'un homme qui a une femme, des enfants, des voisins...", dénonce-t-il.

Au cours de son intervention, Abdellatif Bouachrine a aussi évoqué les conditions de détention de son client. Des conditions qu'il juge "inadmissibles". L'avocat se demande notamment pourquoi son client est placé en cellule individuelle, et "n'a pas droit" aux promenades. Cette intervention conclut la première partie de cette l'audience consacrée aux débats sur la forme. Le procès se poursuit à l'écriture de ces lignes.

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