Economie

Au symposium du tourisme, Miriem Bensalah regrette un secteur en "roue libre"

Meriem Bensaleh Chaqroun, Présidente de la CGEM.
Au symposium du tourisme, Miriem Bensalah regrette un secteur en "roue libre"
avril 11
18:59 2018
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Plusieurs acteurs ont regretté lors du symposium international du tourisme, organisé à Rabat, les difficultés que rencontre le secteur, appelant notamment à plus de pragmatisme.

Par Soufiane Chahid

L'industrie touristique est en stagnation, et les objectifs de la stratégie gouvernementale "Vision 2020" semblent difficilement atteignables. C'est ce qu'ont affirmé des acteurs du secteur lors du symposium international du tourisme, organisé à Rabat ce mercredi 11 avril.

Miriem Bensalah-Chaqroun, actuelle présidente de la CGEM, coorganisatrice de l'évènement, a souligné à cette occasion que " depuis 2010, on fait du sur-place". "Nous ne perçons plus, nous sommes en situation d'inertie", a-t-elle poursuivi. La patronne des patrons a ainsi pointé la responsabilité du gouvernement dans la situation actuelle du secteur touristique.

Un secteur qui, selon elle, est "négligé par l'exécutif" et souffre d' "incohérence" des politiques publiques. "Le Comité stratégique conjoint du tourisme (CST) ne s'est réuni qu'une seule fois en 6 ans", cite-t-elle en exemple, avant de conclure que "le tourisme est en roue libre".

Mohammed Sajid, ministre du Tourisme, est quant à lui revenu sur les échecs de la stratégie balnéaire. "Le Pplan Azur, avec six énormes stations balnéaires, n'a pas bien fonctionné", reconnait-il. "Nous n'avons pas réajusté nos plans stratégiques pour les rendre plus pragmatiques", a-t-il poursuivi.

Pour sa part, Salaheddine Mezouar, ancien ministre de l'Économie et des Finances et actuellement candidat à la présidence de la CGEM, a rappelé dans son exposé les difficultés financières auxquelles sont confrontés les acteurs du secteur.  "Les acteurs touristiques ont dû puiser dans leurs réserves, ce qui a mis ces acteurs dans une situation critique (...) Le balnéaire a particulièrement souffert", a-t-il souligné, citant le cas de la ville d'Agadir en exemple.

Abdelmalek Alaoui, PDG du cabinet de consulting Guepard Group, a affirmé pour sa part que deux principales menaces qui pèsent sur le secteur sont "le commerce des idées reçues et la prééminence des certitudes". Ces "deux dynamiques de fond ont engendré une mécanique infernale", explique-t-il.

Selon lui, les politiques publiques se sont limitées jusqu'à présent à l'investissement en infrastructures, sous le slogan "Build it, they will come" (construisez, ils viendront, NDLR), ce qui a engendré des "projets fantômes".

"Nous continuons à nous battre avec des armes du 1.0 alors que le monde a changé", a-t-il déclaré, illustrant son propos par les milliards de dirhams dépensés dans des campagnes publicitaires qui se sont lui se sont révélées aussi efficaces que le fait de " jeter de l'eau dans le désert".

"Si le tourisme est un secteur stratégique, il y a un discours de vérité qu'on doit adresser à nous-mêmes", a déclaré Abdelmalek Alaoui, qui a mis en garde contre "le risque que nous quittions la balle des yeux".

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