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42% des Marocains ne font pas confiance au système éducatif public (étude)

42% des Marocains ne font pas confiance au système éducatif public (étude)
avril 04
18:38 2018
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L'Economiste publie ce mercredi les résultats d'une enquête sur la confiance des Marocains en l'enseignement public, réalisée en partenariat avec Sunergia.

4 Marocains sur 10 affirment ne pas faire confiance au système éducatif public. Ils sont par contre 5 sur 10 à affirmer le contraire. C'est ce qui ressort de l'étude menée par L'Economiste et Sunergia sur la confiance et la méfiance des Marocains vis-à-vis de l'école publique.

Il en ressort notamment que deux parents marocains sur trois font confiance à l'école publique. Les familles dont les enfants poursuivent leurs études dans un établissement public sont celles qui se fient le plus à ce système.

D'autres études internationales telles que TIMSS démontrent que le taux de satisfaction des Marocains quant à leur système d'éducation publique est supérieur à celui de pays jouissant de meilleurs systèmes éducatifs. Explication par catégories:

Une affaire de classes défavorisées

Les couches défavorisées sont celles qui font le plus confiance au système éducatif public (64%). Ce sont les enfants issus de cette frange de la société qui constituent le gros des effectifs dans des établissements publics, le critère de sélection principal étant la distance de l'établissement par rapport au domicile familial.

Selon l'étude, pour les couches les plus défavorisées, le simple fait que leurs enfants soient scolarisés est déjà une satisfaction. C'est à la fin du cursus scolaire de leurs enfants que les parents se rendent compte que le niveau d'étude de ceux-ci ne leur permettra pas d'accéder à de grandes écoles.

Méfiance chez les plus aisés

Sans trop de surprise, les couches les plus aisées sont les plus méfiantes à l'égard du système éducatif public. 65% de ces familles ne font pas du tout confiance à l'école publique. Cette classe de la société, qui a les moyens financiers, a déserté les établissements publics, ce qui a mené à la disparition de la mixité sociale dans les écoles.

Chez les plus instruits

Plus les parents sont diplômés, plus ils seront dubitatifs à l'égard de l'enseignement public. Seulement 30% des détenteurs d'un diplôme universitaire lui font confiance contre 72% chez ceux qui ne possèdent aucun diplôme.

Chez les seniors

L'étude démontre également qu'en fonction de leur âge, les sondés n'ont pas le même avis. La méfiance est plus aiguë chez les jeunes, surtout chez les 25-34 ans qui sont les plus réticents vis-à-vis du système public (42%).

En montant dans les catégories d'âges, on se rend compte que la confiance augmente également. Les 55-64 ans sont ceux chez qui l'éducation publique a le plus grand succès (65%). Ce phénomène s'explique par la différence de rendement des époques. Depuis les années 1980, on constate une forte dégradation des conditions de scolarisation.

En fonction des zones géographiques

Les habitants du sud du pays seraient ceux qui se fient le plus au système public. Il faut noter que le secteur privé est peu développé dans ses régions. Plus on se dirige vers le nord, plus les habitants deviennent réticents quant aux écoles publiques. C'est la région de Casablanca-Settat qui rejette le plus ce système, près de 75% des enfants étant scolarisés dans le privé dans cette région.

L'enseignement public est également vu de manière plus positive en milieu rural (62%) qu'en milieu urbain (41%).

Méthodologie
L'enquête a été menée par téléphone début 2018, auprès de 1.000 sondés. La structure de l'échantillon a été redressée de façon à appliquer la structure de la population marocaine issue du recensement du HCP.
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