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Dans son 1er discours sur l’état de l’Union, Trump lance un appel à l'unité

Le président américain s'est plié à la tradition annuelle du "discours sur l'état de l'Union", mardi 30 janvier, devant le vice-président Mike Pence et le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan (WIN MCNAMEE / GETTY / AFP)
Dans son 1er discours sur l’état de l’Union, Trump lance un appel à l'unité
janvier 31
10:11 2018
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Face au Congrès réuni au grand complet, le président des États-Unis Donald Trump a lancé mardi soir un appel au rassemblement, à l'issue d'une première année au pouvoir marquée par les divisions et une avalanche de polémiques et de scandales.

"Ensemble, nous construisons une Amérique sûre, forte et fière", a-t-il lancé lors de son premier discours sur "l'état de l'Union" suivi en direct par des dizaines de millions de téléspectateurs. Dans une longue allocution maigre en détails ou en annonces, le locataire de la Maison Blanche a adopté un ton plutôt conciliant sur nombre de sujets, même s'il a, fidèle à sa rhétorique, décrit l'immigration d'abord sous le prisme de la violence, de la drogue ou du terrorisme.

"Ce soir, je veux vous parler (...) du type de pays que nous allons devenir. Nous tous, ensemble, comme une seule équipe, un seul peuple et une seule famille américaine", a affirmé le président septuagénaire, régulièrement accusé d'attiser les tensions par ses piques moqueuses, voire méprisantes, et sa rhétorique enflammée.

Au plus bas dans les sondages, sous la menace de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'interférence russe dans la campagne, M. Trump s'est tenu à l'écart des critiques frontales de ses adversaires. Et a esquissé des pistes de coopération avec les démocrates, de l'immigration aux infrastructures.

Preuve des divisions qui marquent le Congrès: la moitié de l'hémicycle se levait régulièrement comme un seul homme durant le discours, tandis que l'autre restait uniformément assise. Si ce rendez-vous annuel très prisé du tout-Washington a perdu son effet "mobilisateur" de jadis, il reste chargé en symboles. Des dizaines d'élues et élus démocrates étaient vêtus de noir en l'honneur des victimes de harcèlement sexuel. Une vingtaine d'élus démocrates noirs portaient une écharpe, une cravate ou un noeud papillon de motif africain coloré Kenté, en soutien aux "pays de merde", expression qui aurait été employée par Donald Trump lors d'une réunion à la Maison Blanche.

1,8 million de régularisations en échange du mur avec le Mexique

Au-delà de la mise en avant de chiffres de croissance encourageants (2,3% en 2017 contre 1,5% en 2016), le président républicain, chantre de la dérégulation, a mis en exergue les bons chiffres de l'emploi. "Pendant des années, les entreprises et les emplois nous quittaient. Aujourd'hui, ils reviennent", a-t-il martelé. L'exubérant président a aussi appelé démocrates et républicains à travailler main dans la main, pour financer "les infrastructures sûres, rapides, fiables et modernes dont l'économie a besoin et que le peuple mérite". Et appelé de ses voeux un grand plan d'investissement de 1.500 milliards de dollars.

L'immigration figurait en bonne place, dans ce discours auquel assistaient un nombre record de "Dreamers", ces "rêveurs" entrés illégalement sur sol américain avec leurs parents, lorsqu'ils étaient encore mineurs. "Ce soir, je tends la main aux élus des deux partis, démocrates comme républicains, pour protéger nos citoyens, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau ou leur religion", a déclaré le président américain, avant de fustiger "les frontières ouvertes" qui ont coûté de "nombreuses vies innocentes".

Les débats s’annoncent pourtant âpres. L'administration Trump a évoqué une voie d'accès à la citoyenneté pour 1,8 million de sans-papiers, si ses adversaires acceptent de débloquer 25 milliards de dollars pour la plus emblématique de ses promesses de campagne: la construction d'un mur à la frontière du Mexique.

Le petit-neveu de JFK donne la réplique

Sur le front international, il a appelé à poursuivre avec détermination la lutte contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie. "Il reste beaucoup à faire. Nous allons poursuivre notre combat jusqu'à ce que l'EI soit défait", a-t-il affirmé. Le dirigeant américain a par ailleurs signé un décret visant à laisser ouverte la prison de Guantanamo, créée par George W. Bush dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, et que Barack Obama souhaitait fermer.

Pour assurer la "puissance" de Washington, il a exhorté le Congrès à voter les crédits nécessaires pour "moderniser et reconstruire" l'arsenal nucléaire américain afin de "le rendre si fort et si puissant qu'il dissuadera toute agression". Dans un discours dans lequel il a à peine effleuré ses objectifs diplomatiques, M. Trump a par ailleurs mis en garde contre "la complaisance et les concessions" à l'égard de la Corée du Nord.

C'est un jeune Congressman au nom chargé d'histoire, Joseph Kennedy III, 37 ans, petit-neveu de l'ancien président John F. Kennedy, qui s'est chargé de donner la réplique au discours présidentiel au nom des démocrates. Rejetant l'idée selon laquelle les tensions de l'année écoulée résultaient du jeu politique traditionnel, il a dénoncé avec force une administration "qui ne s'attaque pas seulement aux lois qui nous protègent, mais aussi à l'idée même que nous sommes tous dignes de protection".

À ceux qui prédisent un "tournant" ou un "nouveau chapitre" de la présidence Trump, nombre d'observateurs rappellent que si, il y a un an, son premier discours devant le Congrès avait été salué pour sa tonalité "présidentielle", la rupture avait été éphémère. Quelques jours plus tard, le milliardaire accusait dans une salve de tweets - sans la moindre preuve à l’appui - son prédécesseur Barack Obama de l'avoir placé sur écoute.

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