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Les critiques fusent dans le monde entier après la décision de Trump de faire de Jérusalem la capitale d'Israël

Les critiques fusent dans le monde entier après la décision de Trump de faire de Jérusalem la capitale d'Israël
décembre 07
11:11 2017
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La décision le 6 décembre du président américain Donald Trump de reconnaître "officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël" a suscité une vague de condamnations au sein de la communauté internationale, à l'exception d'Israël. Voici les principales réactions.

"Le président Trump est entré à jamais dans l'histoire de notre capitale. Son nom s'affichera avec fierté au côté d'autres noms dans l'histoire glorieuse de notre ville", s'est félicité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le soir même de la déclaration de Donald Trump, qui reconnaît Jérusalem comme la capitale d'Israël en y préparant le déménagement de son ambassade. Benjamin Netanyahu a aussi assuré que la décision du président américain ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem, affirmant l'engagement israélien à maintenir le "statu quo".

Lire aussi : Donald Trump reconnaît officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël

Du côté palestinien

"Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu'ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu'ils ont joué au cours des dernières décennies", a affirmé le président palestinien Mahmoud Abbas à la télévision palestinienne. "On ne peut faire face à la politique sioniste soutenue par les Etats-Unis qu'en lançant une nouvelle intifada", a déclaré le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, dans un discours prononcé depuis la bande de Gaza.

La décision du président américain ouvre "les portes de l'enfer pour les intérêts américains dans la région", a pour sa part estimé Ismaïl Radouane, un haut responsable du Hamas s'exprimant devant des journalistes dans la bande de Gaza. Il a appelé les pays arabes et musulmans à "couper les liens économiques et politiques" avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a estimé que Donald Trump avait "détruit" la solution dite à deux Etats. Donald Trump a aussi "disqualifié les Etats-Unis de tout rôle dans un quelconque processus de paix", a-t-il ajouté.

Du côté saoudien

L'Arabie saoudite a exprimé "de profonds regrets" rappelant qu'il "a déjà mis en garde contre les graves conséquences que peut avoir cette décision injustifiée et irresponsable", a souligné un communiqué du Palais royal cité par les médias d'Etat. Le communiqué saoudien dit espérer "voir l'administration américaine revenir sur cette décision" qui "va à l'encontre des droits historiques des Palestiniens à Jérusalem (...) et va compliquer le conflit entre Israël et les Palestinien". Pour Ryad il s'agit "d'un recul dans les efforts en faveur du processus de paix et d'une violation de la position américaine historiquement neutre sur Jérusalem".

Du côté iranien

Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué une "provocation et une décision insensée de la part des Etats-Unis (...) qui va provoquer une nouvelle Intifada et pousser à des comportements plus radicaux et à davantage de colère et de violence". La décision de Donald Trump est une "violation claire des résolutions internationales", a-t-il ajouté en estimant que Jérusalem était "une partie intégrante de la Palestine".

Du côté des pays musulmans

"Prendre une telle décision met le monde, et spécialement la région, dans un cercle de feu", a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan. "Ô Trump, que fais-tu ? Quelle est cette approche ? Les responsables politiques doivent œuvrer pour la réconciliation et non pas pour le chaos", a-t-il ajouté.

"La décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, et le transfert de l'ambassade des Etats-Unis vers cette ville, constitue une violation des décisions du droit international et de la charte des Nations unies", a estimé le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed Moumenié.

La présidence syrienne, sur page officielle Facebook, estime que "l'avenir de Jérusalem n'est pas déterminé par un Etat ou un président mais par son histoire, sa volonté et la détermination de ceux qui sont loyaux à la cause palestinienne".

Mohammed VI, en tant que président du Comité Al Qods, a adressé une lettre à Donald Trump pour le mettre en garde contre ce transfert. Juste avant, il s'était entretenu avec Mahmoud Abbas pour rejeter toute action qui altère le statut juridique et politique de Jérusalem et pour identifier "les démarches  à entreprendre et les actions à mener".

Lire aussi : Mohammed VI rejette la proposition américaine de faire de Jérusalem la capitale d'Israël

Du côté de la communauté internationale

Le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une "négociation directe" entre Israéliens et Palestiniens, a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, en rappelant avoir toujours été "contre toute mesure unilatérale". "Il n'y a pas d'alternative à la solution de deux Etats" avec "Jérusalem comme capitale d'Israël et de la Palestine".

"L'Union européenne exprime sa sérieuse préoccupation à propos de l'annonce aujourd'hui du président des Etats-Unis Trump sur Jérusalem et les répercussions que cela peut avoir sur la perspective de paix", a affirmé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, "regrette cette décision qui ne fera qu'accroître les tensions dans la région et au-delà et compliquer davantage la recherche d'une solution au conflit israélo-palestinien", a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Du côté des pays occidentaux

Le président français Emmanuel Macron a jugé "regrettable" la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale de l'Etat d'Israël et appelé à "éviter à tout prix les violences". Lors d'une conférence de presse à Alger, il a rappelé "l'attachement de la France et de l'Europe à la solution de deux Etats, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux Etats".

Le gouvernement allemand "ne soutient pas cette position car le statut de Jérusalem ne peut être négocier que dans le cadre d'une solution de deux Etats", a déclaré la chancelière Angela Merkel, citée dans un tweet de son porte-parole Steffen Seibert.

"Nous ne sommes pas d'accord avec la décision américaine de transférer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme la capitale israélienne avant un accord final sur son statut", a déclaré la Première ministre britannique Theresa May dans un communiqué, estimant que cette décision n'était "d'aucune aide" pour les perspectives de paix dans la région.

"La question du statut de Jérusalem ne peut être résolue que dans le cadre d'un règlement général du conflit israélo-palestinien", a affirmé Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères. Le gouvernement canadien, "allié indéfectible de l'Etat d'Israël", appelle l'ensemble des protagonistes au "calme".

"Je suis extrêmement inquiète que la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël puisse contribuer à une instabilité accrue dans la région et à pousser les parties à quitter la table de négociations", a dit la ministre norvégienne des Affaires étrangères Ine Eriksen Søreide, dont le pays avait été l'hôte des négociations ayant débouché sur les accords d'Oslo.

Du côté de la Chine

Le statut de Jérusalem est une question "compliquée et sensible" qui doit être résolue "par le dialogue", a estimé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang. Il a rappelé que la Chine "soutient fermement le processus de paix au Proche-Orient" ainsi que les résolutions des Nations unies s'y rapportant, "y compris le statut de Jérusalem" et "un Etat indépendant de Palestine basé sur les frontières de 1967, ayant Jérusalem-Est pour capitale et jouissant de la pleine souveraineté".

(Avec AFP)

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