Economie

5 conclusions des études du HCP et de la Banque Mondiale sur le marché du travail et la pauvreté au Maroc

Crédit : Yassine Toumi/TELQUEL
5 conclusions des études du HCP et de la Banque Mondiale sur le marché du travail et la pauvreté au Maroc
novembre 30
21:14 2017
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Le Haut-commissariat au plan a présenté deux études réalisées en collaboration avec la Banque mondiale sur le marché du travail, la pauvreté et la prospérité partagée au Maroc.Voici 5 conclusions que l'on peut en tirer.

  1. Le Maroc est un pays à revenu intermédiaire

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Les études réalisées par la Banque mondiale et le HCP font ressortir que le Maroc fait aujourd'hui partie des pays à revenu intermédiaire de tranche inférieure avec un revenu par tête de 3.340 dollars par an. La croissance du PIB par habitant est due à l'amélioration de la productivité et non pas à la hausse du taux d'emploi.

"Entre 2001 et 2007 et entre 2007 et 2014, respectivement 60% et 120% de la croissance du PIB par habitant est le résultat de l'augmentation de la productivité", lit-on. En revanche, le taux d'emploi a à peine augmenté entre 2001 et 2007 et sa réduction entre 2007 et 2014 a contribué négativement à la croissance du PIB par habitant.

  1. Le Maroc a réduit son taux de pauvreté sans pour autant diminuer les inégalités

Alors que le taux de pauvreté atteignait les 15,3% en 2001 , il a été réduit à 4,8% en 2014. Toutefois durant la même période, les inégalités ont été réduites de façon marginale selon le HCP qui note néanmoins que le Maroc a amorcé une convergence entre les régions en termes de développement.

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  1. Les investissements au Maroc sont peu efficaces

D'après l'étude consacrée au marché de travail, l'économie marocaine est "pénalisée par la faiblesse de l'efficacité de l'investissement". C'est notamment le cas dans le secteur public.

Le rapport souligne à cet effet que l'effort "important" d'investissement (32% du PIB en 2016) – principalement réalisé par l'État et les entreprises publiques – "ne s'est pas encore traduit par des gains de productivité significatifs". Ses retombées sur l'économie marocaine en termes de croissance ou d'emplois demeurent "faibles" selon le HCP.

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  1. Des emplois créés dans les mauvais secteurs

L'autre constat dressé par l'étude dédiée au marché de travail est que "les créations d'emploi se sont concentrées dans les secteurs à faibles gains de productivité". Entre 2000 et 2014, l'économie marocaine a en effet généré environ 1,66 million d'emplois en dehors du secteur de l'agriculture. "Plus d'un tiers de ces postes (570 000) ont été créés dans deux secteurs seulement : la construction et l'hôtellerie-restauration", indique le HCP.

  1. L'économie marocaine ne parvient pas à gagner en efficience

S'agissant des raisons de ce manque à gagner, le HCP expose 3 points critiques:

  • Le manque d'inclusion :

Ceci concerne principalement les jeunes qui ne sont pas suffisamment intégrés au marché du travail. Alors que le taux de participation des hommes est comparable à celui des pays de même niveau économique, le taux de participation des femmes est particulièrement faible.

Cette situation perdure en dépit du taux de scolarisation des jeunes qui a presque doublé. Le chômage dans cette catégorie de la population reste en hausse en raison, principalement, de la rigidité du marché du travail.

  • La Faiblesse de la création d'emplois :

Les emplois créés n'ont pas pu suivre la croissance de la population en âge de travailler. L'emploi dans le secteur formel se concentre dans les entreprises anciennes et de grande taille. Les petites et moyennes entreprises se heurtent à de nombreuses contraintes: corruption, main-d'œuvre peu qualifiée, faiblesse de la compétitivité, coût élevé du travail, concurrence du secteur informel, qui ralentissent leur croissance et réduisent leur capacité à créer des emplois.

  • Faible qualité des emplois :

Le marché du travail marocain se caractérise par la prépondérance de l'informel. Seulement la moitié des travailleurs masculins sont salariés et près de la moitié des travailleuses sont des aides familiales non rémunérées. La croissance du secteur non agricole est lente et la majorité des emplois du secteur des services se concentrent dans les services traditionnels de faible productivité.

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