Maroc

Pour Abdelilah Benkirane, Mohammed VI "sait ce qu'il faut faire" à Al Hoceima"

Abdelilah Benkirane le 06 août au 13e meeting de la jeunesse à Fès. © PJD
Pour Abdelilah Benkirane, Mohammed VI "sait ce qu'il faut faire" à Al Hoceima"
août 07
12:44 2017
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Lors d'une longue intervention ce week-end devant la Jeunesse de son parti le secrétaire général du PJD a évoqué le discours royal du 29 juillet, la crise à Al Hoceima, le blocage gouvernemental ou encore les "tamassihes et afarites".

Jusqu'à l'intervention d'Abdelilah Benkirane, Saad Eddine El Othmani était la seule figure du PJD à avoir réagi au discours prononcé le 29 juillet par le roi lors duquel le souverain avait vertement tancé les partis politiques. À ce sujet, Benkirane affirme que le discours du roi l'a "fait beaucoup réfléchir", et  que certaines choses "ont poussé Sa Majesté à s'adresser durement aux partis politiques, à l'administration et plusieurs acteurs la société civile".

Pour le secrétaire général du parti à la lampe, l'allocution royale doit pousser les partis "à se poser des questions". "Je ne me réjouis pas des paroles dures qui ont été prononcées, mais il faut qu'on l'écoute. Qui est responsable de cette situation? Quelles sont les erreurs qu’on a pu commettre? Que devons-nous faire pour éviter ce type de reproches?", s'est interrogé Benkirane.

L'ancien chef du gouvernement a également profité de son intervention pour réitérer son attachement à la monarchie: "Soit le Maroc existe avec la monarchie soit il n'existe pas. Et si vous n'êtes pas d'accord, dites-moi de partir", a lancé le leader du PJD à son auditoire.

Crise d'Al Hoceima : "Le roi sait ce qu'il faut faire"

En évoquant la crise qui sévit à Al Hoceima depuis des mois, Abdelilah Benkirane a lancé un appel en direction de Mohammed VI. "Il (le roi, NDLR) sait ce qu'il faut faire. Quand on est perdus, on s'adresse au roi. C'est pour cette raison que Dieu l'a placé où il est", a déclaré le secrétaire général du PJD.

Le secrétaire général du PJD a également profité de son intervention pour tacler la gestion par le PAM de la crise dans le Rif, alors que le secrétaire général du parti au tracteur, Ilyas El Omari, préside la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. "Les patrons de ce parti qui prétendait mener la vie politique au Maroc ont fui en 2011 comme ils ont fait avec Al Hoceima. Ils sont partis aux États-Unis chercher des investisseurs", a lancé Benkirane, faisant allusion aux déplacements d'Ilyas El Omari.

Pour Abdelilah Benkirane, le PJD s'est distingué par sa présence lorsque le pays traversait des "turbulences" à l'image notamment des manifestations du mouvement du 20 février:  "au moment de la crise du 20 février, le PJD a soutenu son pays et la monarchie et le peuple lui a donné raison, car on avait raison".

Blocage gouvernemental: "Est-ce que cela ne mérite pas une enquête ?"

Visiblement marqué par son départ de la tête du gouvernement début 2017, Benkirane est revenu sur cet épisode. " Je suis parti la tête haute. Je suis encore en vie, n’ayez pas peur!", dit-il. Ce à quoi l’audience a répondu avec une standing ovation et en scandant " achaab yourid wilaya jadida, (le peuple veut un nouveau mandat gouvernemental, NDLR) ".

Au sujet du blocage gouvernemental qui a duré cinq mois, Benkirane demande l’ouverture d’une enquête. "Pourquoi a-t-on subi cinq mois de blocage gouvernemental ? Est-ce que cela ne mérite pas une enquête? Pourquoi mène-t-on une enquête sur les projets qui prennent du retard dans une région alors que le blocage a retardé tout un pays? Qui est responsable de ce blocage?", s'est interrogé  Benkirane avant de demander l'ouverture d'autres enquêtes sans donner plus de précisions.

Évoquant étape par étape les péripéties de la crise qui a suivi les élections d'octobre 2016, Benkirane explique que certains acteurs politiques, qu'il ne nomme pas, "voulaient  écarter le parti de l'Istiqlal (de la coalition gouvernementale, NDLR) qui entretient des liens profonds avec notre parti".

L'ancien chef du gouvernement a également rappelé qu'il s'était ouvertement opposé à l'intégration de l'USPF à la majorité. Concernant l'élection de Habib El Malki à la tête de la Chambre des représentants, Benkirane explique que les mêmes acteurs qui ont poussé à la sortie de l'Istiqlal ont voulu "imposer un parti (l'USFP, NDLR) à la tête du parlement alors qu’ils n’ont eu que 20 sièges".

Les tamassihes et afarites "existent bel et bien"

Benkirane n'a pas manqué d'évoquer les "tamassihes" et "afarites" (crocodiles et démon), termes généralement employés pour désigner ses ennemis et ceux de son parti. "J’aurais aimé avoir tort, mais les afarites et tamassihes existent bel et bien. Je dirais même qu’il y a mieux que ces deux types", a-t-il lancé, précisant que "les afarites oeuvrent en secret; et les tamassihes chassent leur proie et disparaissent dans les bas fonds des rivières et des mares".

Le PAM et le tahakoum

Dans les piques adressées à ses adversaires du PAM, Benkirane a remis une couche sur la notion du tahakoum (autoritarisme). "Il y a des forces connues qui ont créé un parti pour qu’il domine la scène politique, mais en réalité leur tahakoum n’a fait que corrompre la scène politique", dit-il. "On leur a tenu tête, et combien de fois ils ont menacé de nous envoyer en prison (…) S’il faut que j’aille en prison, je suis prêt. C’est cela la politique", poursuit Benkirane qui rappelle que "le PJD n’a pas été créé par l’administration ou une partie étrangère".

 

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