Economie

Pour le FMI, le Maroc peut toujours bénéficier de la ligne de précaution et de liquidité

Le FMI a annoncé une hausse de la croissance en 2015 et 2016 au Maroc
Pour le FMI, le Maroc peut toujours bénéficier de la ligne de précaution et de liquidité
août 02
11:00 2017
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Le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé la "qualification continue" du Maroc pour bénéficier de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 3,42 milliards de dollars. Bon élève, le Maroc doit se tenir aux réformes convenues dans le cadre de cet accord.

Le conseil d’administration du FMI a achevé le 1er août la deuxième revue de l’accord concernant la ligne de précaution et de liquidité (LPL) d'un montant de 3,2 milliards de dollars. Conclusion: "le Maroc continue de remplir les conditions requises pour bénéficier d’un accord au titre de la LPL", confirme le communiqué de l'institution financière internationale.

Cette ligne fait office de police d’assurance apportant des liquidités mobilisables immédiatement en cas de besoin de financement de la balance des paiements. "Les autorités marocaines n’ont pas effectué de tirages sur cet accord et elles continuent de le traiter comme un dispositif de précaution", précise le communiqué.

Lire aussi : Le FMI approuve une LPL de 3,47 milliards de dollars au profit du Maroc

Bon élève

À l'issue des délibérations du conseil d’administration du FMI, le Maroc a été présenté comme un bon élève. "La bonne tenue des fondamentaux économiques du Maroc et la mise en œuvre globalement saine des politiques ont contribué aux solides résultats macroéconomiques de ces dernières années", a noté David Lipton, premier directeur général adjoint et président par intérim.

Il cite notamment la diminution des déséquilibres extérieurs en 2017, le maintien des réserves internationales, l'évolution favorable de la situation budgétaire, la réduction du déficit grâce à la solidité des recettes et à la maîtrise des dépenses, la croissance qui rebondit, l'amélioration de la conjoncture extérieure et la mise en oeuvre de réformes. "Des risques intérieurs et extérieurs de nature baissière pèsent toutefois sur ces perspectives", a-t-il prévenu.

"L’accord conclu avec le FMI au titre de la LPL reste une assurance utile contre les risques exogènes et il accompagne la mise en œuvre des politiques économiques des autorités", a souligné le responsable du FMI qui se dit rassuré. "Les autorités sont déterminées à poursuivre la mise en œuvre de politiques avisées. Le programme économique du nouveau gouvernement est conforme aux principales réformes convenues dans le cadre de l’accord au titre de la LPL, dont celles qui visent à atténuer les vulnérabilités budgétaires et extérieures tout en consolidant les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive".

Recommandations à foison

David Lipton a également adressé quelques conseils et rappelé les réformes convenues avec le Maroc. "Il est nécessaire de poursuivre le rééquilibrage budgétaire en s’appuyant sur une accélération des réformes fiscales, une saine gestion des finances publiques au niveau local dans le cadre de la décentralisation budgétaire, une réforme globale de la fonction publique, un renforcement de la supervision financière des entreprises d’État, et une plus grande efficience des programmes sociaux et des projets d’investissement public", a-t-il listé.

Le président par intérim du FMI a insisté sur l'importance d'adopter la loi sur la banque centrale et de poursuivre la "mise en œuvre des recommandations du programme d’évaluation du secteur financier de 2015". "La transition vers un régime de change plus souple fondé sur une stratégie bien communiquée contribuera à préserver la compétitivité extérieure et à renforcer la capacité de l’économie à absorber les chocs", a-t-il ajouté.

Selon lui, le Maroc doit aussi "entreprendre d’autres mesures pour améliorer le climat des affaires, la gouvernance, la compétitivité, l’accès à la finance et le marché de l’emploi, et réduire les disparités régionales" pour relever la croissance potentielle et rendre la croissance plus inclusive.

Troisième LPL

Il s'agit du troisième accord de LPL depuis 2012, alors qu'une source au ministère des Finances nous avait déclaré en 2015: "Si nos fondamentaux continuent d’évoluer sur le même trend observé dernièrement, je ne pense pas que le gouvernement serait intéressé par la reconduction de la LPL".

D'un montant de 3,42 milliards de dollars, la troisième LPL a pourtant été approuvée par le FMI en juillet 2016, avec une expiration le 21 juillet 2018. Rappelons que le premier accord avec le Maroc au titre de la LPL a été approuvé le 3 août 2012 et portait sur un montant de 6,21 milliards de dollars, alors que la balance des paiements et les réserves de changes subissaient à l'époque une importante pression. Le deuxième accord de 24 mois était d’un montant de cinq milliards de dollars et a été approuvé le 28 juillet 2014.

 Lire aussi : Le Maroc ne compte pas recourir à une 3e ligne de précaution et de liquidité

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