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Crise dans le Golfe: le chef de la diplomatie turque à Doha

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Crédit: AFP
Crise dans le Golfe: le chef de la diplomatie turque à Doha
juin 15
10:30 2017
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Les efforts visant à trouver une solution diplomatique à la crise dans le Golfe s'intensifiaient mercredi avec la visite du chef de la diplomatie turque au Qatar, alors que l'ONU s'alarme de l'impact de la fermeture des frontières sur la population.

Mevlut Cavusoglu, ministre des Affaires étrangères d'un des plus puissants alliés du Qatar, s'est entretenu avec l'émir cheikh Tamim ben Hamad al-Thani et avec son homologue cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani. La crise "doit absolument être surmontée", a déclaré le chef de la diplomatie turque à l'agence progouvernementale Anadolu, à l'issue de ces rencontres. Elle "doit être surmontée par le dialogue et la paix. La Turquie y apportera sa contribution".

Selon Anadolu, M. Cavusoglu devrait ensuite se rendre jeudi au Koweït, qui tente lui aussi de dénouer la crise, puis en Arabie saoudite vendredi pour y rencontrer le roi Salmane. Le royaume saoudien "a la capacité de résoudre la crise en tant que (...) grand frère de la région et acteur majeur", a déclaré mercredi le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin. Ryad et ses alliés ont rompu leurs liens diplomatiques le 5 juin avec le Qatar, accusant ce pays de soutenir le terrorisme et de se rapprocher de l'Iran chiite, rival régional du royaume saoudien sunnite.

Ils ont interdit leurs espaces aériens à ce pays et imposé des restrictions au commerce et au déplacement des personnes, l'Arabie saoudite fermant sa frontière terrestre avec le Qatar. Doha a fermement rejeté les allégations de ses voisins. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a qualifié la décision des pays du Golfe d'"inhumaine", doit par ailleurs avoir un entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump dans les prochains jours. Mercredi, le ministre américain de la défense Jim Mattis et son homologue qatari Khalid al-Attiyah ont signé une convention d'accord pour l'achat de chasseurs américains F-15 pour un montant de 12 milliards de dollars, sans préciser le nombre d'avions.

Le porte-parole de la présidence turque a également indiqué qu'une réunion tripartite entre Ankara, Paris et Doha était programmée. Le président français Emmanuel Macron rencontrera à Paris, d'ici fin juin, un dirigeant des Emirats arabes unis sur la crise, selon la présidence française. L'Elysée avait annoncé des rencontres séparées avec l'émir du Qatar et avec le prince héritier d'Abou Dhabi, avant de rectifier en soulignant que "rien n'était confirmé". Cette série de contacts s'ajoutent aux efforts de médiation déployés par le Koweït, qui n'a pas rompu avec le Qatar.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a exprimé à ce sujet mercredi son "plein soutien aux efforts du Koweït pour une désescalade des tensions et la promotion d'un dialogue efficace", selon son porte-parole. A Genève, le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU s'est dit mercredi "alarmé" par les conséquences de l'isolement diplomatique du Qatar. Lorsque la crise a éclaté, Ryad, Abou Dhabi et Manama ont ordonné aux Qataris de quitter leurs pays dans un délai de 14 jours et à leurs citoyens de quitter le Qatar dans le même délai.Dans un communiqué, Zeid Ra'ad Al Hussein a averti que cette décision pourrait "sérieusement perturber la vie de milliers de femmes, enfants et hommes". Il a averti que des couples mixtes et leurs enfants, de même que des personnes ayant un travail dans un des pays concernés, et des étudiants à l'étranger pourraient être "sérieusement touchés". Il s'est en outre ému d'apprendre "que les Emirats et Bahreïn menacent d'emprisonner et d'infliger des amendes aux personnes qui expriment de la sympathie pour le Qatar".

Bahreïn a d'ailleurs annoncé mercredi avoir arrêté un homme pour avoir critiqué sur les réseaux sociaux la mise au ban du Qatar. Des craintes quant à des pénuries alimentaires ont également vu le jour au Qatar qui a reçu ces derniers jours des livraisons de nourriture en provenance notamment de Turquie, d'Iran et du Maroc. Au plan militaire, deux navires de la Marine américaine sont arrivés au sud de Doha mercredi pour "participer à un exercice conjoint" avec la Marine qatarie, selon un communiqué du ministère de la Défense diffusé par l'agence de presse du Qatar. Le ministère ne précise pas si l'exercice avait été planifié avant le début de la crise.

Au chapitre économique, Qatar Airways est empêchée d'atterrir en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, à Bahreïn, et en Egypte ou de survoler l'espace aérien de ces pays. La compagnie a cependant affirmé mercredi que la majorité de ses opérations internationales n'avait "pas été affectée" par cette décision.

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