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Le ministère de l'Economie veut sensibiliser les autres départements à la question de la parité

Le ministère de l'Economie veut sensibiliser les autres départements à la question de la parité
juin 14
15:41 2017
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En présence de l'ONU Femmes, le ministère de l'Économie a mobilisé les secrétaires généraux des ministères du gouvernement pour mettre en place la budgétisation sensible au genre prévue par la loi des finances.

Le ministère de l'Economie veut mobiliser les troupes autour de la question de l'égalité des genres. "Il faut aller plus vite pour mettre en place la budgétisation sensible au genre (BSG) et faire appel aux énergies de chaque ministère", a déclaré le directeur du budget au  ministère de l'Économie et des Finances, Faouzi Lekjaâ, aux secrétaires généraux de chaque département ministériel réunis à Rabat le 13 juin. "C'est une obligation. Il n'y aura plus d'échappatoire", ajoute-t-il.

La loi organique n° 130-13 du 2 juin 2015 relative à la loi des finances prévoit dans son article 39 que "l'aspect genre est pris en considération lors de la fixation des objectifs et des indicateurs".

"J'ai vécu ce projet d'intégrer l’approche genre dans le processus budgétaire depuis sa genèse en 2002, mais on ne peut pas faire semblant éternellement", a déclaré, déterminé, Lekjaâ. Jusqu'à présent, certains ministères ont mené quelques réformes de leur côté sur la question de la parité. Ces réformes n'ont pas été traduites pour autant dans les budgets, et aucun compte-rendu n'a été présenté au parlement.

Le processus s'est accéléré en février 2013 avec le lancement du Centre de l'excellence pour la budgétisation sensible au genre (CE-BSG), dans le cadre d'un partenariat entre l’ONU Femmes et le Ministère de l’Économie et des Finances. Ensemble, ils ont lancé une première vague de préfiguration en 2017 qui a concerné dix départements ministériels, dont les Finances, la Santé, ou encore le ministère des Sports. D'autres départements seront intégrés en 2018, et une troisième vague permettra de généraliser le processus d'ici 2019.

Désormais, selon la loi des finances, les ministères devront présenter dès cette année au parlement leurs projets de performance en termes de budgétisation sensible au genre (BSG), mais aussi un rapport de performance pour rendre des comptes aux élus de la nation à partir de 2018.

Pour mettre tout cela en place, Faouzi Lekjaâ a annoncé qu’une "circulaire du chef du gouvernement va être publiée dans les prochaines semaines, suivie d'une autre réunion pour que les ministères les plus avancés en BSG puissent partager leur expérience concrète".

Tour de table

Chacun des secrétaires généraux des départements ministériels est donc venu à la réunion pour apporter son appui et expliquer ce qui a déjà été mis en oeuvre. La secrétaire générale du ministère de la Pêche raconte par exemple comment son ministère a favorisé la formation d’ouvrières de la pêche et les a aidés à créer leurs propres coopératives. "Notre cellule genre et développement, créée en 1999, n'a pas suffisamment d'autonomie et n'arrive pas bien à identifier les indicateurs. J'espère que cela sera possible grâce aux morasses budgétaires, textes annexes à la loi de finances qui retracent le détail des dépenses du budget général", a-t-elle déclaré devant ses homologues.

La réunion, vouée à préparer l’intégration de l’égalité de genre dans le processus budgétaire, a aussi été l'occasion pour les secrétaires généraux d'exposer leurs préoccupations, comme le manque d'experts marocains sur la question ou d'une plateforme intersectorielle pour avoir une vue d'ensemble.

La BSG, facteur d’égalité et de croissance

S’il est si important d’appliquer la BSG au Maroc pour Faouzi Lekjaâ, c’est que cette mesure a un impact positif sur l’égalité des genres, mais aussi sur la croissance du pays. La BSG implique un investissement transformateur dans chaque secteur pour corriger les inégalités. "Cet investissement ne doit pas forcément être important", explique Nadia Benali, directrice nationale du CE-BSG, qui parle plutôt d'une réorientation du budget.

Leila Rhiwi, de l’ONU Femmes, prend l'exemple de la valorisation des travaux domestiques non rémunérés, puisque "cette force de travail principalement prise en charge par les femmes pourrait représenter 34% du PIB du Maroc". "On évalue qu'une réduction des inégalités de genre pourrait multiplier par 2,3 le revenu des habitants d'ici 2025", estime-t-elle. Au niveau du ministère des Finances, une étude de 2017 montre que la réduction des inégalités entre les genres pourrait élever le taux de croissance de 0,2 à 1,95%.

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