Le cobalt, minerai d'avenir pour le Maroc

À l'initiative du groupe Managem, une conférence internationale du Cobalt Development Institute (CDI) est organisée le 16 mai à Marrakech. Objectif: mettre en lumière le Cobalt, minerai précieux dont regorge le sol du Maroc.

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Bleu, brillant, et particulièrement convoité, utilisé depuis des millénaires à titre décoratif, le cobalt est aujourd’hui présent dans l’industrie chimique, les batteries de nos téléphones et même la radiographie. Au Maroc, près de 2.000 tonnes de ce minerai sont extraites chaque année par le groupe Managem. Le 17 mai, celui-ci invite le Cobalt Development Institute (CDI) pour une conférence internationale au Palais des Congrès du Mövenpick à Marrakech. La rencontre a pour but de « rassembler les producteurs, utilisateurs et consommateurs de cobalt, tout en favorisant les échanges commerciaux« , explique Ismail Akalay, directeur général des activités minières et industrielles au Maroc pour Managem. 

Une vingtaine de pays se partagent l’exploitation de ce métal précieux dans le monde. La RDC arrive en tête, avec presque 60% de la part mondiale, suivie par la Chine et le Canada. Au classement des pays exportateurs, le Maroc se hisse à la 12e place notamment grâce à la mine de Bou-Azzer à 120 km au sud d’Ouarzazate.

Chaque jour, plusieurs milliers d’individus s’engouffrent jusqu’à 400 m sous la terre pour recueillir le précieux minerai. Le Cobalt est ensuite traité au complexe hydrométallurgique de Guemassa, situé à 30 kilomètres de Marrakech. Au total, quelque 4.000 employés sont concernés par ces activités.

« Jusqu’à la fin des années 1990, nous vendions le cobalt seulement sous forme de concentré, sans le valoriser. Pour conserver cette valeur ajoutée au Maroc, nous avons par la suite décidé de l’exploiter sur le site de Guemassa« , déclare Ismail Akalay, directeur général des activités minières et industrielles au Maroc pour Managem. 

Une course à l’approvisionnement en perspective

Aussi rare que précieux, le cobalt est un enjeu de taille pour le secteur industriel. Avec le développement de la voiture électrique et l’augmentation de la demande, le minerai est plus que jamais plébiscité. Sur la période 2016-2020, sa demande devrait augmenter de près de 52% selon les analystes d’Attijari Intermédiation. Un phénomène accentué par le besoin en voitures électriques de la Chine qui souhaite diminuer ses émissions de gaz à effet de serre.

Dans cette course à l’approvisionnement, Managem mise sur l’anticipation. « Nous travaillons déjà au recyclage du Cobalt à Guemassa. Les quantités ne sont pas énormes, mais c’est un bon début. Rappelons également que le Maroc n’est connu sur le plan géologique qu’à 30%, ce qui laisse entrevoir de bonnes perspectives« , souligne Ismail Akalay.

Si la demande augmente, les réserves mondiales ne sont pourtant pas illimitées. Avec des ressources estimées entre 5 et 7 millions de tonnes, l’extinction du Cobalt est prédite aux alentours de 2120. D’ici là, la bataille pour son acquisition sera rude. Pour preuve, depuis que vous avez commencé cet article, plus de 200 kilos de Cobalt ont déjà été extraits dans le monde.

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