Maroc

Des associatifs demandent un "geste humanitaire" en faveur des réfugiés bloqués près de Figuig

Migrants syriens bloqués près de Figuig. © Figuig Photographie
Des associatifs demandent un "geste humanitaire" en faveur des réfugiés bloqués près de Figuig
mai 10
10:27 2017
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Des acteurs de la société civile à Figuig alertent sur la situation du groupe de réfugiés syriens bloqués à la frontière maroco-algérienne depuis 22 jours.

"Cela fait presque quatre semaines que les réfugiés sont au beau milieu de nulle part. La situation est au point mort", nous confie avec dépit un membre de la commission d’aide aux réfugiés syriens à Figuig. Depuis 22 jours, un groupe de 41 réfugiés syriens, dont 17 enfants âgés de 2 à 14 ans, est bloqué dans une zone tampon à la frontière entre le Maroc et l’Algérie. Le Maroc refuse de régulariser ces réfugiés, et estime que la responsabilité revient à l'Algérie qui les a expulsés vers la frontière. Les associations sur place déplorent une situation humanitaire "catastrophique" et "dangereuse". 

La première difficulté pour ces réfugiés est d'ordre climatique. Le 9 mai, plusieurs d'entre eux ont perdu connaissance sous l'effet de la canicule, nous raconte Latifa Dabchi élue locale et membre de la commission d’aide. "Avec la chaleur qu’il fait, ils n’ont pas d'endroit où s’abriter. Et quand bien même, ils seraient tentés de s’abriter sous des palmiers, ça reste dangereux à cause des serpents qui rôdent autour", nous explique-t-elle. "Je viens de leur parler et ils demandent simplement des tentes pour se protéger", poursuit-elle.

17 enfants, âgés entre 2 et 14 ans, font parti du groupe des migrants bloqué près de Figuig. © Figuig Photographie

17 enfants, âgés de 2 à 14 ans, font partie du groupe des migrants bloqués près de Figuig. © Figuig Photographie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les habitants de Figuig et plusieurs acteurs associatifs se mobilisent pour aider. "On préfère ne pas communiquer sur la manière dont les aides sont acheminées. On fait au mieux pour leur fournir de manière discrète nourriture, eau potable et médicaments, mais cela reste insuffisant", déplore un acteur associatif sur place, sous couvert d'anonymat. "On essaie d’aider ces personnes à rester en vie, mais leur situation se dégrade de jour en jour", renchérit une autre source anonyme dans le milieu associatif.

Le médecin Zouhir Lahna, qui fait le déplacement jusqu’à Figuig, non sans encombre, se dit "dépité" par les conditions de vie de ce groupe de migrants syriens livré à lui-même. "Je n’ai pas pu me rendre jusqu’à leur campement, car c’était impossible du fait de la sensibilité du lieu. J’ai néanmoins réussi à entrer en contact avec eux pour leur donner quelques conseils d’hygiènes, grâce à la commission d’aide. Vous imaginez, ils n’ont pas de tentes pour s’abriter, ni assez de nourritures et d’eau. Ils sont vulnérables et sujets aux maladies", explique-t-il.

Pour lui, "il est urgent de trouver une solution humanitaire pour ces personnes en attendant que les problématiques légales soient réglées". Latifa Dabchi abonde dans le même sens. "Bien que les autorités algériennes aient dirigé ces réfugiés vers la frontière marocaine et au-delà du problème diplomatique que cela entraîne, il faut entreprendre un acte humanitaire", insiste-t-elle.

Pour l'heure, le Maroc estime que la responsabilité de ces migrants incombe à l'Algérie. Le ministre délégué chargé des Affaires de la migration, Abdelkrim Benatiq a expliqué le 5 mai à l’AFP que ces réfugiés "ont traversé le territoire algérien sans être interceptés par les autorités de ce pays. La responsabilité revient donc à l'Algérie". Pour lui, "les frontières avec l'Algérie sont fermées [depuis 1994, NDLR]. Or, si on encourage des gens à venir via des frontières fermées, la situation sera incontrôlable, et nous serons menacés des deux côtés". Le 27 avril, le département d'Abdelkrim Benatiq a profité d’une rencontre avec des associations actives dans le domaine de l’immigration pour expliquer que le royaume a régularisé la situation de 5.000 Syriens.

Le ministre délégué à la migration estime dans ce sens, que le Maroc assume "pleinement ses responsabilités à l’égard des populations syriennes". Il a ainsi exhorté l’Algérie à assumer également sa responsabilité politique, humaine et morale".

Lire aussi : Latifa Dabchi, élue municipale de Figuig : " Nous avons dû faire accoucher une réfugiée syrienne par téléphone et Facebook "

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