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Corée du Sud: le nouveau président Moon Jae-In prêt à discuter avec Pyongyang

Crédit: AFP
Corée du Sud: le nouveau président Moon Jae-In prêt à discuter avec Pyongyang
mai 10
17:52 2017
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Moon Jae-In, un ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de l'Homme, a entamé mercredi matin son mandat de président de la Corée du Sud, scellant l'élan de son pays vers le changement après un retentissant scandale de corruption.

Ce scrutin anticipé, organisé sur fond de fortes tensions avec la Corée du Nord, a été organisé pour remplacer l'ex-présidente Park Geun-Hye, au centre d'une énorme affaire de concussion qui a provoqué sa chute. Selon les résultats définitifs de la Commission électorale nationale, M. Moon, 64 ans, candidat du Parti démocratique de centre gauche favorable à une forme de dialogue avec Pyongyang, a obtenu 13,4 millions de voix, soit 41,1% des suffrages. Son plus proche rival, le conservateur Hong Joon-Pyo, issu du parti de la présidente déchue, est arrivé loin derrière avec 24,03% des voix, suivi du centriste Ahn Cheol-Soo (21.4%).

Le taux de participation est le plus élevé en 20 ans pour une élection présidentielle. La cérémonie d'investiture devrait se tenir vers midi (03H00 GMT) à l'Assemblée nationale. "Nous félicitons le président-élu Moon Jae-In et nous nous associons au peuple sud-coréen dans la célébration de sa transition politique pacifique et démocratique", a réagi la Maison Blanche dans un bref communiqué émanant du porte-parole de l'exécutif Sean Spicer, et non du président américain Donald Trump lui-même.

De nombreux électeurs ont profité du scrutin pour dire leur colère face à la corruption d'une partie des élites, mais aussi à la vie chère, à l'augmentation du chômage et au ralentissement de la croissance. "Je serai le président de tous les Sud-Coréens", s'est exclamé M. Moon devant ses partisans sur la place Gwanghwamun, à Séoul, où des millions de Sud-Coréens s'étaient massés plusieurs mois durant pour exiger le départ de Park Geun-Hye. "C'est une grande victoire (...) pour créer un pays de justice (...) où les règles et le bon sens prévalent", a-t-il encore dit.

"Je suis si heureuse car il y a de l'espoir pour un réel changement", a réagi une femme de 28 ans dans la foule, Koh Eun-Byul. La campagne s'est largement focalisée sur l'économie, la Corée du Nord étant passée à l'arrière-plan. Mais après 10 ans de règne conservateur, la victoire de M. Moon pourrait signifier un changement considérable de politique vis-à-vis de Pyongyang et de l'allié et protecteur américain.M. Moon prône le dialogue avec la Corée du Nord afin de désamorcer les tensions et de l'inciter à négocier. Il veut aussi plus de distance avec les Etats-Unis. Dans un récent entretien avec le Washington Post, il estimait que Séoul devait "jouer un rôle de meneur sur les questions concernant la péninsule coréenne".

Le Nord, qui rêve de mettre au point un engin atomique capable d'atteindre le continent américain, a procédé à deux essais nucléaires depuis début 2016 et à de multiples tirs de missiles. Les tensions ont rarement été aussi élevées dans la péninsule. Donald Trump a menacé de régler la question par la force militaire, avant d'adoucir le ton et de dire qu'il serait "honoré" de rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un. Mais pour la plupart des Sud-Coréens, habitués à vivre avec la menace nord-coréenne, la question des programmes balistique et nucléaire de Pyongyang n'a pas été déterminante dans leur vote, contrairement à la corruption, au ralentissement de la croissance et au chômage.

Cette présidentielle doit permettre à la société sud-coréenne de tourner la page après des mois de tumulte politique, pendant que Mme Park attend désormais derrière les barreaux d'être jugée pour corruption et abus de pouvoir. L'affaire a contribué au ressentiment général en illustrant à nouveau les relations malsaines entre la classe politique et le patronat. En cause notamment, une confidente de l'ombre de l'ex-présidente, Choi Soon-Sil, accusée d'avoir profité de ses entrées pour extorquer des dizaines de millions de dollars aux grands groupes. L'ampleur du scandale, qui implique aussi l'héritier de l'empire Samsung et le président de Lotte, cinquième plus grand conglomérat sud-coréen, a contraint les candidats à promettre des réformes en vue de plus de probité.

Le puissant voisin chinois s'est aussi invité dans la campagne. Le déploiement en Corée du Sud d'un bouclier antimissile américain destiné à contrer les menaces du Nord a provoqué la fureur de Pékin, qui a pris une série de mesures vues à Séoul comme des représailles économiques.

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