A Paris, le président Alpha Condé détaille son projet pour l'Union africaine

Dans un entretien accordé au site du quotidien Le Monde, le président de l’Union africaine évoque l’adhésion du Maroc à l'organisation, ses projets pour la présidence et l’indépendance de l’Afrique vis-à-vis des puissances étrangères.

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Alpha Condé. Crédit: Cellou Binani / AFP

Alpha Condé, président de l’Union africaine et de la République de Guinée, était à Paris pour participer au colloque « Tout Afrique: les enjeux d’une approche continentale », organisé par l’Agence française de développement, et rencontrer le président français François Hollande. Durant sa visite dans la capitale française, le chef d’État a accordé une interview au site du quotidien français Le Monde. Il y dévoile ses projets pour l’Union africaine dont il a été élu président au mois de janvier, et évoque notamment le conflit du Sahara.

L’UA « renforcée » par l’adhésion marocaine

Dans cet entretien, le président guinéen évoque tout d’abord de l’adhésion du Maroc à l’Union au mois de janvier dernier. Alpha Condé affirme que la présence du Maroc au sein de l’UA permet à l’organisation panafricaine d’être « renforcée« . Pour le successeur du Tchadien Idriss Déby, le royaume peut contribuer à la résolution des problèmes liés à « la pauvreté, l’immigration, le climat, l’énergie« .

Lorsqu’il est interrogé sur la résolution du conflit du Sahara au sein de l’institution qu’il dirige, Alpha Condé répond que « le problème est entre les mains des Nations unies« , tout en précisant que les initiatives entamées dans le sens de la résolution du conflit au sein de l’UA « ne seront pas mises sur la scène publique« . Une position qui n’est pas sans rappeler celle du Maroc qui a encouragé les organes de l’UA à soutenir le processus de résolution du différend mis en place par l’ONU.

Autonomie et zone de libre-échange pour l’UA

Alpha Condé décline également son programme en tant que président de l’UA dans cette interview. Il appelle notamment à mettre en place les réformes préconisées par le président rwandais Paul Kagame afin que les États membres de l’UA paient une contribution correspondant à 0,2% de leurs exportations pour permettre à l’organisation panafricaine de devenir « autonome« . Cette contribution, explique Alpha Condé, assurera un financement excédentaire de l’UA sachant que cet excédent sera déposé à la Banque africaine de développement.

Sans donner plus de précisions, le président Condé annonce également son intention de « mettre en pratique le mot d’ordre lancé en faveur de la jeunesse » et « de développer le commerce intra-africain grâce à la zone de libre-échange« . Une référence au projet de zone de libre-échange africaine (ZLEC) mis sur pieds en janvier 2012 lors du 18e sommet de l’Union.

Lors de l’annonce du projet, l’ancienne présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, avait déclaré que la zone devait être mise en oeuvre avant la fin de l’année 2017. Le président de l’UA compte également défendre l’intégration d’une sixième zone région de l’UA qui sera celle de la diaspora africaine.

Indépendance vis-à-vis de l’Europe

Durant cet entretien, Alpha Condé évoque aussi la résolution de la crise en Gambie après le départ de Yahya Jammeh. Pour le président guinéen, la résolution de cette crise suite à l’intervention de la Cédéao signifie qu’il existe « une volonté politique » de la part des pays africains de résoudre les problèmes du continent.

Alpha Condé affirme également que tous les problèmes du continent africain « sont liés à l’ingérence étrangère« . À titre d’exemple, il cite l’intervention internationale en Libye qui est devenue « un cancer pour l’Afrique […] où prolifèrent les armes et le terrorisme« . Alpha Condé souhaite également voir une « Afrique unie » où l’on ne confondrait plus « les présidents qui gèrent bien ou mal leur pays« .

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