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Réactions en chaine après des frappes américaines sur une base aérienne de Bachar Al-Assad en Syrie

Réactions en chaine après des frappes américaines sur une base aérienne de Bachar Al-Assad en Syrie
avril 07
08:17 2017
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Après le bombardement d'une base aérienne de Bachar Al-Assad par l'armée américaine, les alliés de Washington applaudissent, ceux de Damas condamnent.

Les Etats-Unis ont bombardé une base aérienne en Syrie en riposte à une attaque chimique présumée imputée au "dictateur Bachar al-Assad", le président américain exhortant les "nations civilisées" à faire cesser le carnage. Dans la nuit du 6 au 7 avril, 59 missiles de croisière Tomahawk ont été tirés par deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne d'Al-Chaayrate, située dans le centre de la Syrie, selon le Pentagone.

Le visage grave, le président Trump a affirmé que l'Amérique était "synonyme de justice" et a appelé les "nations civilisées" à mettre fin au bain de sang en Syrie. Le pays est ravagée par une guerre qui a fait 320.000 morts depuis mars 2011, jeté des millions de personnes sur les routes et provoqué la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Des responsables américains n'ont pas indiqué si de nouvelles frappes étaient envisagées mais ont précisé que leur réponse était "proportionnée".

L'armée syrienne a annoncé que ces frappes américaines avaient fait six morts et d'importants dégâts matériels, sans préciser s'il s'agissait de victimes civiles ou militaires. "Cette agression américaine condamnable souligne la poursuite de la stratégie erronée des Etats-Unis". "Le haut commandement de l'armée et les forces armées assurent que leur riposte sera davantage de détermination à poursuivre leur devoir national dans la défense du peuple syrien et à écraser le terrorisme où qu'il soit", affirme encore le communiqué.

Les principaux alliés de M. Assad, Moscou et Téhéran, ont vivement condamné cette première opération militaire des Etats-Unis contre le régime syrien. Le président russe Vladimir Poutine considère les frappes américaines contre la Syrie comme une "agression contre un Etat souverain", a déclaré le Kremlin, principal allié du régime de Bachar al-Assad. "Cette action de Washington cause un préjudice considérable aux relations russo-américaines, qui sont déjà dans un état lamentable", a ajouté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Dans la foulée, Moscou a suspendu son accord avec Washington sur la prévention d'incidents aériens et a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

L'Iran, autre allié du régime syrien, a lui aussi "vigoureusement" condamné les frappes américaines. Cette attaque ne fera qu'"aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région", a affirmé Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Les alliés de Washington applaudissant pour leur part cette première opération militaire américaine contre le régime de Damas. Londres a de son côté annoncé "soutenir pleinement l'action des Etats-Unis". Ces frappes sont "une réponse appropriée à l'attaque barbare à l'arme chimique perpétrée par le régime syrien", a estimé un porte-parole de Downing Street. La Turquie s'est également félicitée de ces frappes américaines, qu'elle a jugées "positives", selon le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus. "Le régime de (Bachar al-)Assad doit être puni entièrement sur le plan international", a-t-il ajouté dans des déclarations à la chaîne Fox TV.

Autre allié de poids des Etats-Unis dans la région, l'Arabie saoudite a salué la décision "courageuse du président (Donald) Trump" et assuré qu'elle "soutenait pleinement" les frappes américaines, selon un responsable au ministère des Affaires étrangères. La Chine a appelé à "éviter toute nouvelle détérioration de la situation" en Syrie, tout en condamnant "l'usage d'armes chimiques, par n'importe quel pays".

Les frappes américaines sont "compréhensibles", a estimé le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel, tout en appelant à une solution politique sous l'égide de l'ONU. Pour Angela Merkel et François Hollande, Bachar Al-Assad est le "seul responsable" des frappes américaines.

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